Le siège de Paris par les Prussiens était sur le point de commencer.
 
 
À Carlotta Grisi
 
Ce 17 septembre 1870
 

Chère Carlotta,

Je n'ai reçu de vous aucune réponse. Je vous ai écrit deux fois, une de Genève, une de Paris et un mot de vous dans la triste situation où je me trouve m'eût fait un bien vif plaisir. Une lettre de vous c'est un jour de bonheur et pour moi ils sont rares dans les temps où nous vivons. Hâtez-vous. Nous allons être enfermés dans un cercle de fer et de feu et rien ne nous parviendra. Peut-être est-il déjà trop tard. Ce témoignage de votre affection me serait bien précieux. Pensez quelquefois à moi qui pense toujours à vous. Je vous embrasse de tout mon cœur avec un chagrin profond mais avec la même tendresse. Mille cordialités à Auguste et aux amis.

Vostrissimo

                                                                                Théophile Gautier

Rue de Beaune no 12 Paris

(Tome XI, p. 126)
 
 

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