Vous avez sans doute oublié une lettre que vous m'avez écrite il y a quelques années et dans laquelle vous me permettiez de vous considérer comme mon critique. J'en ai gardé précieusement le souvenir. C'était à propos de la Comédie de la mort, pour laquelle vous prétendiez n'avoir été que juste, tandis que je vous trouvais bienveillant.
J'ai depuis ces temps fait paraître quelques romans ou recueils de nouvelles. Mais je n'ai pas voulu pour si peu me prévaloir de votre bonne volonté. Me voici maintenant armé de deux volumes in octavo où, à défaut de talent, vous pouvez au moins compter sur une sincérité entière. C'est un voyage en Espagne pendant l'été de 1840. J'ose, Monsieur, réclamer votre indulgence pour cet ouvrage, dont je n'ai jamais mieux senti la faiblesse qu'en vous l'envoyant.
Agréez, Monsieur, l'expression de ma considération distinguée.
Théophile Gautier
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