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  Les peuples autochtones du Canada
 

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L'Amérique du Nord septentrionale, qui devait devenir le Canada, était loin de n'être qu'une «une vaste région déserte» lorsqu'arrivèrent les premiers Blancs. De l'Atlantique au Pacifique, elle était habitée depuis des siècles par des peuples que les explorateurs européens nommèrent, à tort, les Indiens, mais dont les groupements communautaires ou tribaux possédaient déjà leurs propres noms. En outre, une longue adaptation à des milieux divers avait façonné les modes de vie et les coutumes variés des premiers habitants du Canada. Bien que leur population ait été peu nombreuse, soit de 500 000 à 2 millions de personnes, ils exploitaient un territoire plus étendu que ces chiffres ne l'indiquent. La majorité des Premières Nations du Canada vivaient de la chasse et de la cueillette, un mode de vie qui entraînait l'utilisation intensive des ressources et un mouvement continuel à la recherche de nouveaux territoires à exploiter.

Des deux régions où se développèrent des sociétés sédentaires, celle de la côte du Pacifique était de loin la plus peuplée, grâce aux riches ressources de l'océan et des forêts humides. En fait, c'était l'une des zones non agricoles les plus densément peuplées du monde. L'autre région était le sud de l'Ontario, dont le climat et le sol fertile favorisaient l'agriculture.

Les habitants du Canada parlaient plus de 50 dialectes classés en 12 familles dont la moitié n'existaient qu'en Colombie-Britannique. Comme c'est le cas de nos jours, les plus répandus étaient le cri, chez les Algonquins, et l'inuktituk, une langue eskaleut de l'Arctique.


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Milieu et diversité
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De par leur géographie, l'Arctique, la zone subarctique, les forêts du Nord-Est, les grandes Plaines, le plateau et la côte du Nord-Ouest ont imposé à leurs habitants des modes de vie divers. Sur la côte du Nord-Ouest, où l'économie était stable, des hiérarchies gouvernées par des chefs se constituèrent; dans ces sociétés, la classe sociale des dirigeants, des nobles et des gens du commun dépendait de leur fortune et était héréditaire. C'était en particulier le cas chez les peuples du Nord tels que les Tlingit, les Haïda et les Tsimshian. Les esclaves, surtout des prisonniers de guerre, mais parfois aussi des citoyens déchus (le plus souvent pour dettes) n'appartenaient à aucune classe et n'avaient aucun droit. Les Salish, vers le sud et l'intérieur, n'accordaient pas autant d'importance au rang et à la fortune, bien que cela ait varié d'un groupe à l'autre. En général, les Autochtones de la côte Ouest possédaient le cérémonial le plus complexe, étroitement lié à une expression artistique particulière. De nos jours, l'art des peuples de la côte du Pacifique est le plus représenté des arts autochtones dans les musées.

Les peuples qui vivaient à la fois de l'agriculture et de la chasse comprenaient les divers groupements iroquois ainsi que certains Algonquins Odawa (Outaouais) qui occupaient la vallée du Saint-Laurent et la région des Grands Lacs. Sur la côte de l'Atlantique, les Algonquins Abénakis, «les peuples du soleil levant», habitaient surtout en Nouvelle-Angleterre, mais aussi dans la vallée du Saint-Laurent. Les plus connus sont les Hurons et les Iroquois, dont les confédérations jouèrent un rôle important lors des premiers contacts avec les Européens. Les Hurons, les Iroquois et les Abénakis entouraient leurs villages de palissades et semaient ensemble le maïs, les haricots et les courges, les célèbres «trois soeurs». Certains groupements hurons se spécialisaient dans la culture du tabac. La permanence de ces villages dépendait des ressources locales : lorsque le sol, le bois de chauffage ou le gibier était épuisé, les habitants allaient s'installer ailleurs, ce qui se produisait tous les 10 à 50 ans.

Les Hurons, à l'extrémité sud-est du lac du même nom, vivaient au carrefour nord-sud des réseaux commerciaux qui sillonnaient l'Amérique du Nord autochtone. Principaux négociants du Nord, ils échangeaient des produits agricoles contre du gibier. Au sud et à l'est du lac Ontario, les Cinq-Nations (qui devinrent plus tard les Six-Nations) contrôlaient les routes principales reliant la côte de l'Atlantique à l'intérieur du pays. Cette situation devint un facteur important des politiques coloniales européennes lorsque la colonisation progressa vers l'ouest.

Tous les autres peuples qui occupaient le Canada étaient des nomades vivant de la chasse et de la cueillette. Dispersés, ils possédaient une organisation sociale rudimentaire, mais connaissaient à fond le pays et ses ressources. Comme les Autochtones de la côte du Nord-Ouest, ceux du golfe du Saint-Laurent, de la côte de l'Atlantique et de l'Arctique étaient aussi bons pêcheurs que chasseurs.

Les nations autochtones ont le taux de croissance le plus élevé de la population canadienne dont ils constituent 4,3 %.

En dépit de la simplicité de leur situation matérielle et quel qu'ait été leur mode de vie, ces peuples jouissaient de relations sociales satisfaisantes sous-tendues par une spiritualité complexe. Pour eux, l'univers était un lieu habité par des êtres qui dépendaient les uns des autres. L'humanité faisait partie d'un tout dont le fonctionnement ordonné et harmonieux résultait de l'équilibre de différentes forces. Contribuer à maintenir cet équilibre par des rites, des cérémonies et des tabous était une responsabilité qu'ils ressentaient profondément.

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Contacts et relations
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D'après les connaissances archéologiques actuelles, on estime que la présence humaine en Amérique remonte à 36 000 ans. Géologiquement parlant, le continent est habitable depuis 50 000 ans. Ces dates s'appliquent aux régions qui n'ont pas subi de glaciation. Puisque les glaces ont recouvert la majorité du territoire canadien jusqu'à 10 000 ans avant J.-C. environ, son occupation est généralement plus récente. Néanmoins, on a découvert au Yukon, qui échappa à la glaciation, des traces d'une occupation qui remonte à 24 000 ans; selon certains, elle daterait même de 40 000 ans. Les Inuit, venus de l'ouest vers l'an 1 000 de notre ère et qui atteignirent la côte de l'Atlantique au cours du 15e siècle, arrivèrent les derniers.

Les premiers contacts connus entre les Européens et les Autochtones eurent lieu dans l'Arctique, lorsque les Scandinaves débarquèrent à la terre de Baffin et le long de la côte de l'Atlantique. Deux des peuples les plus probablement affectés, les Dorset et les Béothuk, ont disparu depuis. Les Dorset s'installèrent dans l'Arctique avant les Inuit qui les déplacèrent; les Béothuk, un peuple protoalgonquin, habitaient Terre-Neuve. On ne sait presque rien de ces premiers contacts. La brièveté du séjour des Scandinaves en Amérique laisse à penser qu'avant l'ère de la poudre à canon, les hommes armés de pierre et d'os surent résister aux hommes armés de fer; il est possible que la tentative de colonisation scandinave dans le nord de Terre-Neuve ait duré jusqu'à six décennies.

Les contacts se poursuivirent de façon sporadique jusqu'au 16e siècle, alors que les Européens commencèrent à exploiter les pêcheries de l'Atlantique Nord; ce terme désignait aussi la chasse aux mammifères marins. À cette époque, la technologie baleinière des Inuit était la plus perfectionnée au monde. Alliée aux vaisseaux de haute mer européens, elle transforma la pêche à la baleine en une industrie d'envergure mondiale, où les harponneurs autochtones se distinguèrent. La pêche à la morue entraînait des contacts beaucoup moins fréquents avec les Autochtones; sauf le séchage du poisson, qui se faisait à terre, les autres activités de pêche avaient lieu en haute mer. La traite des fourrures, d'abord dérivée de la pêche, exigeait des relations beaucoup plus étroites. On estime que lorsque la colonisation européenne commença véritablement, au début du 17e siècle, 1 000 navires venaient déjà chaque année faire la pêche et la traite des fourrures dans le golfe du Saint-Laurent et le long de la côte de l'Atlantique Nord.

Bien qu'elle ait procuré des avantages, la pêche fut aussi une source de mésentente. Les Béothuk, par exemple, n'eurent jamais de relations de travail avec les Européens; une tolérance inquiète fit place à une hostilité qui se transforma en lutte ouverte. Le dernier Béothuk connu mourut en 1829.

Les Iroquois du Saint-Laurent sont un autre peuple disparu, bien que dans ce cas les Européens n'aient pas été directement responsables. Au cours de son deuxième voyage au Canada, en 1535-1536, Jacques Cartier découvrit des villages de pêcheurs et d'agriculteurs disséminés le long de la rive nord du Saint-Laurent, du Golfe à Hochelaga (Montréal). À l'arrivée de Samuel de Champlain, en 1608, ces villages n'existaient plus. Il est possible que leur disparition soit attribuable à des évènements déjà en cours avant l'arrivée des Européens; selon les études archéologiques, d'importants mouvements de population s'étaient déjà produits au cours des siècles.

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Partenaires commerciaux et alliés
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Les réseaux commerciaux autochtones compensaient l'inégalité de la répartition des ressources naturelles. Comme le commerce ne pouvait se faire qu'entre amis, ou à tout le moins sous la protection d'une trêve, il nécessitait une grande activité diplomatique, d'où l'importance des alliances et des traités fondés sur les liens du sang et sur la réciprocité. Les échanges devaient être mutuels : «Je te donne pour que tu me donnes à ton tour». Un cérémonial souvent compliqué scellait les ententes. Lorsque les Européens firent leur entrée dans ce système commercial, ils découvrirent qu'ils ne pouvaient y participer qu'en s'y conformant.

L'expansion de la traite des fourrures et la rapide pénétration de l'intérieur par les Européens n'auraient pas été possibles sans l'aide et le savoir des Autochtones. Les Inuit, les Innu (Montagnais et Naskapis), les Mi'kmaq et les Malécites furent les premiers à établir des relations durables avec les Européens. Cependant, les Hurons sont les plus connus des partenaires de la France dans la traite des fourrures, bien que cette alliance n'ait pas duré. Elle commença en 1615, lorsque Champlain visita la Huronie, et prit fin en 1649 avec la dispersion de la confédération du nord par les Cinq-Nations. Il est possible que le commerce avec les Européens ait aggravé une hostilité qui existait déjà entre les deux confédérations.

Les Amérindiens jouèrent aussi un rôle de premier plan dans les luttes coloniales entre la Grande-Bretagne et la France. Les principaux alliés des Français étaient les Abénakis, les «Indiens» des guerres frontalières avec les Français et les Indiens. Dans le camp français se trouvaient aussi les Mi'kmaq et les Malécites, deux groupes apparentés, ainsi que certains Algonquins. Les Britanniques étaient alliés avec les Cinq-Nations. Les deux principaux conflits avec les Amérindiens du Canada furent la guerre contre les Iroquois et la guerre contre les Mi'kmaq. La première dura un siècle, jusqu'en 1701, date à laquelle la paix fut signée à Montréal. La seconde se joua en une série de raids qui dura du premier contact jusqu'à la défaite finale de la France, en 1760. La dernière guerre coloniale, une sorte de post-scriptum de la guerre de l'Indépendance américaine, eut lieu en 1812-1814.

Ces hostilités, et surtout la guerre de l'Indépendance, eurent pour conséquence de fragmenter la ligue des Six-Nations, dont les membres s'allièrent avec l'un ou l'autre adversaire; ceux qui se battirent avec les Britanniques, les Agniers (Mohawks) en particulier, perdirent leurs terres ancestrales. Par la suite, ils se rétablirent dans le sud de l'Ontario, sur des terres que les Anglais avaient achetées pour eux aux Mississagués, une branche des Ojibwés. C'est là que les Six-Nations se reconstituèrent; de nos jours, c'est la plus importante des 607 bandes canadiennes.

La fin des guerres coloniales marqua aussi celle du partenariat actif entre les Amérindiens et les Européens. On n'avait plus besoin des Amérindiens pour la guerre, ni même pour l'exploration, puisque les Anglais occupaient tout le pays. Le commerce des fourrures perdait du terrain face à l'importance grandissante de l'industrie du bois et de l'agriculture, domaines ne faisant pas appel au savoir autochtone. Par ailleurs, l'immigration européenne était devenue une invasion, à tel point que, en 1812, selon certaines estimations, les Amérindiens du Haut-Canada (Ontario) ne représentaient plus que 10 p. cent de la population. Ce déclin, qui avait commencé à l'apparition des maladies d'origine européenne, continua jusque bien après le début du 20e siècle et donna naissance au mythe d'un peuple en voie de disparition. À l'heure actuelle, cette tendance s'est renversée, et les Autochtones connaissent le taux de croissance le plus élevé de toute la population canadienne. Actuellement, on estime que le Canada compte 1,2 million d'Autochtones, soit 4,3 p. cent de la population.

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Diminution des ressources
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Après la guerre de 1812, le principal souci des administrateurs responsables des Autochtones fut de «civiliser» les chasseurs nomades en faisant d'eux des agriculteurs. À partir de 1850, la désignation de terres réservées aux Amérindiens devint une étape importante des traités; aujourd'hui, il existe 2 300 réserves disséminées à travers le Canada. Comme nous l'avons déjà vu dans le cas des Six-Nations, certaines de ces réserves, surtout à l'est de l'Ontario, furent créées par des concessions et non par des traités.

À cette époque, l'augmentation de l'utilisation industrielle des peaux de bison entraîna une exploitation plus intensive des troupeaux. Le bison n'était pas que le moyen de subsistance des Indiens des Plaines; les trappeurs en faisaient aussi un aliment de base, le pemmican, facile à transporter et qui pouvait se conserver indéfiniment. Cette exploitation supplémentaire entraîna la disparition des troupeaux. À la fin du 19e siècle, ils n'étaient plus qu'un souvenir, et les Indiens mouraient de faim. Vers la même époque, la chasse excessive aux baleines, et surtout aux morses, diminuait gravement les ressources alimentaires des Inuit. Sur la côte du Nord-Ouest, le commerce des fourrures de phoque et de loutre de mer se poursuivit jusqu'à la disparition presque totale de ces animaux, vers 1825. Au milieu du siècle, ce fut la découverte de gravier aurifère dans la rivière Fraser : des chercheurs d'or indifférents aux droits des Autochtones envahirent les terres amérindiennes. Plus tard, lors de la ruée vers l'or au Klondike, la même situation se produisit au Yukon.

L'administration des territoires autochtones continua de poser des problèmes qu'on chercha à résoudre par une série de trois proclamations. La dernière et la plus importante, promulguée en 1763, fait aujourd'hui partie intégrante de la Constitution du Canada. Sa clause la plus connue prescrit que seule la Couronne peut révoquer les «titres indiens». Cette proclamation fut à l'origine des traités par lesquels les Autochtones renonçaient à de vastes régions en échange de terres qui leur seraient exclusivement réservées. En Ontario, les premiers traités furent signés en 1764, tandis que, dans l'Ouest, le premier l'a été en 1871, au Manitoba. En 1923, on en comptait plus de cinquante. Le gouvernement considérait ces traités surtout comme un moyen de libérer des terres pour les colons, mais les Autochtones estiment encore aujourd'hui qu'ils définissent leurs relations avec le pays.

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Gouvernement, traités, revendications
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En 1867, à la naissance de la Confédération canadienne, les Autochtones et les terres qui leur étaient réservées tombèrent sous la responsabilité du gouvernement fédéral. Les Amérindiens ne furent pas consultés, pas plus qu'ils ne le furent en 1876, lorsque la Loi sur les Indiens consolida et modifia la législation coloniale en vigueur jusque là. Cette loi n'en régit pas moins tous les aspects de la vie sur les réserves jusqu'en 1951, soit pendant 75 ans.

Dans l'Ouest, l'administration des Autochtones dut tenir compte de l'apparition des Métis. Ce peuple aux ascendants indiens et européens habitant surtout la vallée de la rivière Rouge, se définissait depuis le début du 19e siècle comme une «nation nouvelle» possédant les mêmes droits que les Autochtones. Par contre, le gouvernement fédéral les considérait comme Blancs et ne leur reconnaissait pas ces droits. La question des terres, primordiale, entraîna à deux reprises des affrontements entre Métis et autorités fédérales. Dans le premier cas, la création de la province du Manitoba, en 1870, fut le résultat de disputes dans la région de la rivière Rouge. Plus tard, lors de la rébellion du Nord-Ouest en 1885, des Cris des Plaines, désespérés par la disparition du bison, se joignirent aux Métis. La suppression de ce soulèvement laissa les Métis dans une sorte de vide juridique, dont ils ne sont sortis en partie qu'en 1982, date à laquelle la Constitution leur accorda le statut d'Autochtone, sans cependant définir le terme «Métis».

Pour les Cris et les Amérindiens de l'Ouest en général, ces remous furent suivis d'une période de répression durant laquelle Ottawa tenta, par des édits, de supprimer les coutumes amérindiennes telles que le «potlatch» et les «danses du soleil.» Dans l'Ouest, un système de laissez-passer interdisait aux Autochtones de quitter leurs réserves. Bien qu'on ait déjà reconnu, à l'époque, qu'il portait atteinte aux droits de la personne, ce système était encore en vigueur dans quelques réserves isolées vers 1950.

De nos jours, les Autochtones administrent plus de 80 % des fonds affectés au Programme des affaires indiennes et Inuit.

L'éducation devint un élément important de l'effort d'assimilation. Dans ce but, les internats et les écoles industrielles semblèrent particulièrement efficaces, car elles enlevaient les enfants à leurs familles et à leurs communautés. En même temps, on saisit chaque occasion de réduire le territoire des réserves, parfois par des procédés fort douteux. Ce n'est qu'après la Seconde Guerre mondiale que la montée de l'anticolonialisme sensibilisa l'opinion publique à la culture et au patrimoine des peuples autochtones, ce qui prépara la voie au mouvement «Red Power», fortement soutenu par la renaissance de la spiritualité autochtone traditionnelle.


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Autonomie et avenir
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Au cours des siècles, les Amérindiens ont entretenu avec les explorateurs et les colons européens des rapports très divers : hôtes et conseillers, puis partenaires des Blancs dans la pêche, la chasse et le commerce, et alliés dans la guerre; enfin, ils furent parfois leurs ennemis jurés. À mesure que les Européens s'implantèrent, ils se firent de plus en plus les gardiens et les administrateurs des Autochtones toujours plus appauvris et désorientés. De nos jours, une nouvelle tendance vers le partenariat se fait jour: les Amérindiens et les Inuit comptent sur l'aide des autres Canadiens dans leur recherche d'autonomie et d'une existence à la fois viable et plus fidèle à leurs traditions.

Les modifications apportées à la Loi sur les Indiens en 1951 marquèrent les débuts un peu hésitants d'une plus grande mesure d'autonomie. Pour la première fois, les Autochtones avaient été consultés. On accordait de plus grands pouvoirs financiers aux bandes; cependant, ce n'est que sept ans plus tard que ces dernières accédèrent à l'autonomie budgétaire. Aujourd'hui, elles administrent plus de 80 p. cent du budget du Programme des affaires indiennes et inuit.

En 1960, les Amérindiens acquirent le droit de voter aux élections fédérales sans perdre leur statut. Le Québec fut la dernière province à leur accorder le droit de vote, en 1968. L'éducation est un domaine de première importance; en 1970, l'école Blue Quills, en Alberta, fut la première à passer sous le contrôle autochtone, et en 1988, on ferma le dernier internat fédéral. Les Amérindiens exercent dans ce domaine un contrôle de plus en plus grand : depuis 1990, par exemple, les bandes manitobaines administrent leur propre système d'enseignement dans les réserves. Les bandes gèrent aussi la plus grande partie de leurs programmes de santé et de bien-être social, et certains groupes autochtones se font de plus en plus entendre au sujet des problèmes écologiques affectant leurs territoires.

La modification de la Loi sur les Indiens connue sous le nom de Projet de loi C-31, et votée en 1985, fut une victoire pour les Amérindiennes mariées à des non-Indiens; elles purent désormais garder leur statut d'Autochtone et le transmettre à leurs enfants. Ceci ne garantit cependant pas leur accueil dans les réserves, où les bandes ont l'autorité. C'est dans les réserves de l'Alberta que ces femmes sont les moins acceptées.

Dans son Livre blanc de 1969, le gouvernement fédéral proposa l'abrogation de la Loi sur les Indiens, qui aurait mis fin à la distinction entre Indiens inscrits et Indiens non inscrits, ainsi qu'à celle établie entre les Autochtones et les autres Canadiens. Cette proposition souleva de telles protestations de la part des Indiens qu'elle fut abandonnée en 1971. Actuellement, le statut juridique des Autochtones est défini par la Loi sur les Indiens, la Constitution et les traités.

De nos jours, les revendications territoriales et les accords assurant l'autonomie gouvernementale sont réglés de plus en plus rapidement. La Loi sur le règlement des revendications des Autochtones de la Baie James (le terme «traité» n'est plus utilisé) donna le ton, et la Loi sur les Cris et les Naskapis du Québec, votée en 1984, fut le premier pas du Canada vers l'autonomie gouvernementale des Autochtones. Avant la fin du siècle, l'autonomie du vaste territoire de Nunavut, situé dans l'est de l'Arctique et comprenant un cinquième de la superficie du Canada, sera un fait accompli.

Ces négociations ne se poursuivent pas sans difficulté, comme le démontrent l'«été indien» d'Oka et le litige au sujet des terres du lac Lubicon, dans le nord de l'Alberta, qui dure depuis 50 ans. Selon Ovide Mercredi, grand chef de l'Assemblée des Premières Nations, les accords devraient être négociés à l'échelle nationale avec tous les chefs du pays. Cependant, ces derniers préfèrent une approche régionale, telle que celle de l'Assemblée des chefs du Manitoba, qui ont déjà signé leur propre accord préliminaire d'autonomie.

Ce qui est désormais évident, c'est que les Autochtones du Canada seront appelés à jouer un rôle beaucoup plus actif dans la conduite des affaires du pays. L'autonomie et le renouveau culturel dans un monde moderne marqué par la transformation rapide de la technologie, de l'environnement et de la culture seront pour eux des défis à relever. C'est sans doute en alliant les bienfaits du monde moderne à leurs traditions les plus précieuses que les peuples autochtones seront en mesure de réaliser leur avenir.

 

Pour en savoir plus à propos de ce sujet, visiter ces liens à d'autres endoits sur l'Internet avec des sujets reliés

*Entreprise Autochtone Canada/Aboriginal Business Canada - http://www.abc.gc.ca/

  • Information sur ce programme du Ministère de l'Industrie Canada qui offre divers services commerciaux et autres aux Indiens inscrits et non-inscrits, aux Inuit et aux Métis du Canada.
  • Information about this Industry Canada Program which provides business services and support to Canadian status and non-status Indians, Inuit and Metis.

Aboriginal Links: Canada & U.S. - http://www.bloorstreet.com/300block/aborcan.htm

  • An extensive list of Canadian and US sites, maps, treaties, and historical documents.

Aboriginal Youth Business Council - http://www.aybc.org/

  • Information directed at encouraging entrepreneurship among First Nations youth. The site was designed for youth by youth.

Aboriginal Youth Network - http://ayn.ca/

  • A place for Aboriginal youth to 'hang out.' Contains links and information.

Artic Circle - http://arcticcircle.uconn.edu/

  • The goal is to stimulate a greater interest in the peoples and environment of the Arctic and Subarctic region.

*Assemblée des Premières Nations/Assembly of First Nations - http://www.afn.ca/

  • Matériel historique sur les Premières Nations. Le site français est en développement.
  • Historical information about the First Nations with many further links. The French site is under construction.
Aboriginal Information Highway - http://www.abinfohwy.ca/
  • A resource center of information on a number of Aboriginal issues and sites.

*Commission canadienne des affaires polaires/Canadian Polar Commission - http://www.polarcom.gc.ca/index.html

  • Le but de la Comission est de favoriser le développement et la diffusion des connaissances relatives aux régions polaires.
  • The purpose of the Commission is to promote the development and dissemination of knowledge in respect to polar regions.

Great Lakes Regional American Indian Network - http://www.glrain.net/glrain/

  • An organization dedicated to assisting Native people acquire telecommunications technology.

*Affaires indiennes et du Nord Canada/Indian and Northern Affairs Canada - http://www.inac.gc.ca/

  • Information sur le ministère, la journée nationale des Autochtones, les peuples Autochtones, l'information sur les Traités, liens à d'autres sites.
  • Information on the Department of Indian and Northern Affairs Canada, National Aboriginal Day, Aboriginal Peoples, Treaty information, links.

*Salon national des carrières pour Autochtones/National Aboriginal Career Symposium - http://www.nrc.ca/conferences/nacs/index.html

  • Information sur les origines du Salon ainsi que l'orientation future.
  • Information on the history of this forum and its future direction.

NativeWeb - http://www.nativeweb.org/

  • A resource center of virtually anything related to Native issues and people.

Nunavut Planning Commission - http://npc.nunavut.ca/

  • Extensive information on the northern land settlement claim.

Northern Learning Network - http://siksik.learnnet.nt.ca/

  • Dozens of links to a wide variety of northern social, educational, and historical sites.

Prince of Wales Northern Heritage Centre - http://pwnhc.learnnet.nt.ca/

  • Heritage, cultural, and program information about the Canada's north and its people.

Premières nations sur RESCOL/SchoolNet's First People's - http://aboriginalcollections.ic.gc.ca/

  • Links, issues, organizations,and publications related to the First Nations.

Spirit of Aboriginal Enterprise - http://sae.ca/

  • Created by Aboriginal people to support and promote Aboriginal businesses and entrepreneurs across Canada. Provides information, tools and links.

Television Northern Canada - http://siksik.learnnet.nt.ca/tvnc/main.html

  • Information about Canada's only public Aboriginal television network, with many links.
 

[English Version] | [Études Canadiennes]
 
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