| Emily Carr et la côte ouest du Pacifique | ||
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Tandis que le Groupe des Sept commençait à se faire connaître, Emily Carr, à l'autre extrémité du pays, s'efforçait de s'établir sur la scène artistique. Son style ressemblait beaucoup à celui du Groupe des Sept. Avec le temps, elle devint l'amie de Lawren Harris et d'autres nationalistes canadiens importants qui la considéraient comme une âme soeur. Mais son style et sa conception de l'art étaient aussi tout personnels. Son milieu familial, sa région, les sujets qu'elle choisissait et ses propres vues sur le Canada et sur l'art canadien contribuèrent à créer une image de la côte ouest encore populaire de nos jours. C'est cette image et les oeuvres qu'elle a inspirées qui font d'Emily Carr la plus célèbre femme peintre de l'histoire du Canada. (questions #3)Elle naquit à Victoria (Colombie-Britannique) le 13 décembre 1881. Elle mourut dans cette ville en 1945, artiste lauréate célèbre, et cette célébrité n'a fait qu'augmenter depuis. Elle dut fournir une longue lutte, parfois frustrante, pour se faire une place sur la scène artistique canadienne. Sa famille, très religieuse, appartenait à la petite bourgeoisie. Enfant, Emily était pleine de vivacité et adorait la nature, mais sa conduite, considérée à l'époque comme inappropriée pour une jeune fille, lui valait la désapprobation de sa famille. Elle prit ses premières leçons de dessin à l'âge de neuf ans, et dès l'adolescence elle savait qu'elle voulait être peintre. Après la mort de ses parents, elle alla étudier la peinture à San Francisco, revint en Colombie-Britannique en 1893, puis partit pour Londres et Paris où elle poursuivit son éducation. Dès le début de sa carrière, les oeuvres d'Emily Carr furent bien reçues par les critiques de Vancouver et de Victoria, mais elles ne plaisaient pas au public de l'Ouest et E. Carr eut toujours beaucoup de difficulté à gagner sa vie. Pour subvenir à ses propres besoins, elle donna des leçons, dessina des caricatures pour les journaux, fabriqua des souvenirs touristiques et tint une pension de famille. Ce n'est qu'en 1927 qu'elle commença à être reconnue. Sa chance se présenta lorsque l'anthropologue Marius Barbeau, l'ami et le soutien du Groupe des Sept, vint étudier les cultures autochtones de Colombie-Britannique. Emily Carr avait peint d'après nature dans plusieurs des communautés du nord de la province visitées par Barbeau; ils se rencontrèrent par l'entremise d'amis communs. Impressionné par les toiles d'E. Carr, Barbeau en parla à son ami Eric Brown, le directeur de la Galerie nationale, et le convainquit de les exposer avec celles du Groupe des Sept à Toronto. Brown accepta, et E. Carr expédia ses toiles dans l'est pour sa première exposition importante hors de la Colombie-Britannique. Cette exposition fut un point tournant dans la carrière d'E. Carr. Ses oeuvres furent très bien reçues, et elle commença à se faire connaître sur la scène nationale. En outre, elle fit la connaissance de certains peintres du Groupe des Sept lors de sa visite à Toronto à l'occasion de l'exposition. (Vrai ou Faux #4)E. Carr. Elle apprécia leurs toiles, celles de Lawren Harris en particulier. « Oh mon Dieu, écrivait-elle dans son journal par la suite, qu'ai-je vu? Où suis-je allée? Quelque chose m'a bouleversée jusqu'au fond de l'âme, quelque chose de merveilleux, de puissant, qui n'était pas de ce monde. » Après l'exposition de 1927, E. Carr retourna en Colombie-Britannique encore plus décidée à se consacrer à la peinture. Il est difficile de choisir une oeuvre typique d'E. Carr parce que son style
a évolué avec le temps. Deux de ses toiles illustrent bien cette
évolution: E. Carr peignit Scorned as Timber, Beloved of the Sky en 1935, plusieurs années après Totem Forest. Les deux toiles possèdent plusieurs éléments communs, mais diffèrent aussi de façon importante. Dans Totem Forest, la nature sert de toile de fond aux mâts totémiques qui sont les véritables sujets du tableau. Dans Scorned as Timber, Beloved of the Sky, l'accent est davantage sur la nature. E. Carr a peint un arbre épargné par les bûcherons parce qu'ils estimaient que son bois n'était pas de bonne qualité. Autrement dit, l'arbre est encore vivant parce qu'il n'a aucune valeur marchande. Pour E. Carr, par contre, l'arbre est important pour des raisons qui n'ont rien à voir avec sa valeur en espèces. S'il ne vaut rien à nos yeux, il est aimé du Ciel, une force qui nous dépasse et que nous ne pouvons pas maîtriser. La technique est plus fluide dans cette oeuvre que dans Totem Forest. Dans Totem Forest, chaque couleur est un élément distinct, tandis que dans Scorned as Timber, Beloved of the Sky les composantes de la scène et les couleurs employées forment un tout. Par cette fluidité, l'artiste semble exprimer son respect pour la majesté, la fluidité et le dynamisme de la nature, et suggérer que c'est cette majesté, cette beauté qui en font la valeur. De nos jours, E. Carr est toujours populaire. De nombreux musées et galeries d'art du Canada possèdent et exposent ses toiles qu'on peut aussi voir sur le Web. Toutefois, son art est controversé depuis quelques années. Certains critiques ne sont plus d'accord avec sa représentation des autochtones. Ses mâts totémiques au bois pourri et ses villages délabrés ont été critiqués parce qu'ils semblent suggérer que les cultures autochtones elles-mêmes étaient décadentes. Il est facile de rejeter ces critiques, mais leur interprétation est plausible. À tout le moins, il faut noter qu'ine vision artistique populaire du Canada pouvait présenter les autochtones comme des reliques du passé. Cette optique fut remise en question après la mort d'E. Carr par des artistes comme Bill Reid, un sculpteur qui joua un rôle important dans la renaissance de l'art Haïda sur la scène artistique contemporaine au Canada. L'art de Bill Reid s'inspire fortement du patrimoine Haïda pour représenter un pays où la culture autochtone était en pleine évolution.
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