| Gabrielle Roy 1909-1983 | ||
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Les Canadiennes sur la scène artistique Auteures, artistes, musiciennes, les femmes participent depuis longtemps à la vie artistique du Canada. On considère généralement The History of Emily Montague (1769), par Frances Brookes, un roman qui se passe au Québec, comme le premier roman canadien. Gabrielle Roy et Portia White s'inscrivent dans une longue tradition artistique canadienne. Gabrielle Roy (1909-1983) Gabrielle Roy naît à Saint-Boniface, au Manitoba, le 22 mars 1909. Elle est la cadette de 11 enfants. Son père, qui établit les immigrants dans l'Ouest, est fonctionnaire fédéral depuis de nombreuses années, mais il perd son poste en 1913, à la suite de manoeuvres dues au favoritisme politique. La famille est plongée dans la pauvreté. Sa mère, une femme économe et pleine de ressources, prend des pensionnaires et se fait couturière pour soutenir sa famille. De son enfance de pauvre francophone du Manitoba, Gabrielle gardera le sentiment d'être en dehors de la société, sentiment qui marquera son oeuvre. Elle est très bonne écolière et se mérite des prix de français et d'anglais. Le prix en argent que lui valent les résultats de ses derniers examens défraient le coût de sa première année à l'école normale de Winnipeg. En 1929, année de la mort de son père, elle devient institutrice. Elle continuera à enseigner (et à donner son salaire à sa famille) jusqu'en 1937. Mais elle veut voir le monde et jouir d'une plus grande indépendance; elle quitte Saint-Boniface pour l'Europe, où elle séjourne pendant deux ans. Elle vit quelque temps à Paris et à Londres et se lance alors dans la carrière littéraire. Après son retour au Canada, en 1939, elle s'installe à Montréal, à l'encontre des désirs de sa mère. Jusqu'en 1945, elle subvient à ses propres besoins en écrivant des articles et des nouvelles pour la presse périodique canadienne. En 1943, elle écrit une série d'articles sur les pauvres de Montréal, qui serviront de base à son premier roman, Bonheur d'occasion, publié en 1945. Ce roman décrit la vie d'une famille de Saint-Henri, un quartier pauvre de Montréal, pendant les premières années de la Seconde Guerre mondiale, et remporte un succès immédiat. Il est traduit en 15 langues et mérite à son auteure le prix Fémina à Paris et le Literary Guild of America Award à New York. En 1947, Gabrielle est la première femme admise par la Société royale du Canada, et elle reçoit son premier Prix du Gouverneur général pour l'édition anglaise de Bonheur d'occasion (The Tin Flute). La publication de Bonheur d'occasion établit sa réputation de romancière et lui vaut une sécurité financière qu'elle n'avait jamais connue auparavant. Pendant un séjour chez elle, au Manitoba, en 1947, elle fait la connaissance d'un jeune médecin, Maurice Carbotte, et l'épouse trois mois plus tard. Le jeune couple passe les trois années qui suivent à Paris, où Maurice poursuit sa formation médicale. Gabrielle continue à écrire. En 1950, elle publie un deuxième roman, La petite poule d'eau qui, au contraire de Bonheur d'occasion, décrit la vie d'une famille nombreuse et aimante qui habite une jolie île au milieu d'une rivière. La même année, Gabrielle et son mari s'installent à Québec, et jusqu'à la fin de sa vie Gabrielle partagera son temps entre sa résidence de Québec et sa maison à la campagne. Elle se retire presque complètement de la vie publique pour se consacrer à l'écriture, et publie livre après livre pendant les 20 années qui suivent. Elle reçoit à nouveau le Prix du Gouverneur général en 1955, pour son roman Rue Deschambault. En 1967, elle est faite compagnon de l'Ordre du Canada. Elle publie trois autres livres au début des années 70, puis deux recueils d'histoires pour les enfants: Ma vache Bossie (1976) et Courte-Queue (1979). Entretemps, elle écrit Ces enfants de ma vie, un recueil de récits dans lesquels elle exprime son amour des enfants et de l'enseignement, qui lui méritera un troisième Prix du gouverneur-général, et un recueil d'essais et d'articles. Avant sa mort (1983), elle écrit son autobiographie, La détresse et l'enchantement, qui sera publiée en 1984. Son souvenir et sa réputation sont perpétués par les prix décernés chaque année en son honneur par la Société des écrivains canadiens et québécois aux meilleurs ouvrages français et anglais de critique consacrés à la littérature québécoise ou canadienne. Gabrielle écrivait en français, mais ses oeuvres ont souvent été traduites en anglais (et dans d'autres langues), ce qui leur assure une place permanente dans la vie culturelle du Canada.
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