| La très honorable Kim Campbell | ||
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Avril Phaedra Campbell est née en mars 1947 à Port Alberni (Colombie-Britannique). Peu après, elle déménage à Vancouver avec ses parents et Alix, sa soeur aînée. Elle a 12 ans quand sa mère quitte la famille. C'est à cette époque qu'Avril décide de changer de prénom. Très jeune, elle s'intéresse déjà à la politique; elle est la première jeune fille présidente de classe à l'école secondaire Prince of Wales. En 1964, elle entre à l'Université de la Colombie-Britannique pour étudier les sciences politiques. Elle décroche une autre «première» en devenant la première femme élue présidente de la première année. Après l'obtention de son baccalauréat ès arts, en 1969, elle reçoit une bourse d'études qui lui permet de s'inscrire au programme de doctorat en études soviétiques à la London School of Economics. Mais elle se marie en 1972, et revient à Vancouver où elle enseigne les sciences politiques à l'Université de la Colombie-Britannique et au Vancouver Community College. En 1980, elle retourne à l'université pour faire ses études de droit. C'est à cette époque que Kim Campbell entre dans la carrière politique. De 1980 à 1984, elle est membre de la commission scolaire de Vancouver, et en 1984 le Crédit social l'invite à se présenter aux élections de la même année. Elle n'est pas élue, mais l'année suivante elle obtient quand même un poste de conseillère auprès Bill Bennett, alors premier ministre de la Colombie-Britannique. En 1985-1986, elle est directrice du bureau du premier ministre, et l'année suivante elle se présente à nouveau aux élections provinciales. Elle est élue, et se distingue en s'opposant officiellement à la position restrictive adoptée par le premier ministre relativement à l'avortement. En 1988, Kim Campbell quitte le Crédit social pour le Parti progressiste-conservateur; élue députée de Vancouver Centre, elle passe de la l'Assemblée législative provinciale à la Chambre des Communes. En 1989-1990, elle est ministre d'État aux Affaires indiennes et du Nord. En 1990, elle devient la première femme ministre de la Justice et Procureur de la Couronne, dans le cabinet Mulroney. Après le massacre de Montréal, le meurtre de 14 jeunes étudiantes à l'école Polytechnique de Montréal, beaucoup de Canadiens exigent un contrôle plus sévère des armes à feu. En dépit d'une vive opposition, même de la part de membres de son propre parti, elle réussit étendre la réglementation de la possession d'armes à feu. En 1992, elle table une autre modification du Code criminel qui intéresse particulièrement les femmes. Cette modification vise à protéger celles-ci dans les cas d'agressions sexuelles. En 1991, la Cour suprême du Canada avait aboli le droit de la plaignante de ne pas divulguer ses propres expériences sexuelles lorsqu'elle témoignait à un procès pour agression sexuelle. En tant que ministre de la justice, Kim Campbell s'inquiète de cette décision: elle remarque dans son autobiographie que de nombreuses victimes d'agressions sexuelles s'étaient senties jugées autant que l'accusé. En préparant la nouvelle loi, Kim Campbell prend une mesure inhabituelle: elle consulte les groupes de femmes, les associations juridiques et divers intervenants intéressés. Le débat politique qui s'ensuit sensibilise le public au problème de l'agression sexuelle. La nouvelle loi annule la décision de la Cour suprême: les expériences sexuelles de la plaignante ne constituent des preuves admissibles que dans certaines circonstances précises. En outre, cette loi, surnommée la loi «non, c'est non», clarifie la définition de l'agression sexuelle. En 1993, Campbell devient la première femme ministre de la Défense nationale et des Affaires des anciens combattants, et la première femme premier ministre du Canada. Pendant son bref mandat comme ministre de la Défense, elle doit affronter d'autres controverses: les débats provoqués par un projet d'achat d'hélicoptères, et l'enquête sur la conduite de certains membres des forces armées canadiennes ayant servi en Somalie. Le 13 juin, Kim Campbell est élue chef du parti Conservateur. En tant que chef du parti au pouvoir, elle devient automatiquement première ministre du Canada. Elle ne reste que quelques mois au pouvoir; aux élections fédérales suivantes, elle partage la cuisante défaite que les Libéraux infligent aux Conservateurs. Certains observateurs politiques blament Kim Campbell. La plupart soutiennent qu'elle a été victime de l'impopularité du premier ministre Brian Mulroney. En décembre, Kim Campbell démissionne de son poste de chef du parti et se retire de la vie politique active. Elle obtient un poste de «fellow» au Harvard Institute of Politics de la Kennedy School, après quoi elle est nommée consul général du Canada à Los Angeles. Malgré les progrès accomplis dans le domaine politique grâce à la première vague féministe, les Canadiennes continuent à lutter pour l'égalité de représentation. C'est grâce aux efforts de politiciennes compétentes, décidées et ambitieuses comme Kim Campbell que les progrès continuent.
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