| Portia White 1911-1968 | ||
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Portia White, troisième d'une famille de 11 enfants, naît à Truro en 1911. Son père est le premier Noir diplômé de l'Université Acadia, en 1906. La même année, il épouse Izie Dora White. Après la Première Guerre mondiale, les White s'installent à Halifax où le père de Portia est ministre de l'église baptiste de la rue Cornwallis. Portia a six ans quand elle commence à chanter dans la chorale de cette église avec ses frères et soeurs. Pendant la Crise des années 30, le père de Portia organise des concerts musicaux hebdomadaires dans un théâtre local afin de subvenir aux besoins de sa paroisse, ce qui ouvre à la famille White de nouveaux horizons musicaux. L'aînée, Helena, tenait l'orgue; Portia dirigeait la chorale. Au début des années 30, après ses études de pédagogie à l'Université Dalhousie, Portia commence à enseigner à Lucasville, une banlieue noire, tout en poursuivant sa formation musicale au Conservatoire de Halifax grâce à l'aide du Halifax Ladies Musical Club. Portia donne son premier récital en juin 1939, et elle se produit souvent en concert et à la radio pendant la guerre, ce qui lui permet d'acquérir plus d'expérience et d'assurance. Ses frères et soeurs cadets forment le White Quartette et chantent pour les troupes en garnison à Halifax. Au cours de l'été 1941, Portia fait la connaissance d'Edith Read, la directrice de Branksome Hall, une école privée pour jeunes filles située à Toronto. Celle-ci est impressionnée par le talent de Portia et arrange son début à la salle Eaton de Toronto. Portia donnera plusieurs autres concerts à Toronto au cours des deux années suivantes. La prochaine 'étape est New York. Edith Read arrange une audition avec Edward Johnson, le directeur général du Metropolitan Opera, un Canadien d'origine. Portia fait ses débuts new-yorkais en mars, au New York Town Hall. La salle est comble. Elle donne un deuxième concert sur la même scène en octobre; «an unheralded star is born», proclame un journal de New York («Une étoile imprévue vient de paraître».) Portia est louée pour la beauté de sa voix, sa maîtrise, sa diction, et sa présence pleine d'aisance et de grâce. Son répertoire comprend des classiques de la musique européenne, qu'elle interprète très bien, et des négro-spirituals dans lesquels elle excelle véritablement, de l'avis des critiques et du public. Sa carrière internationale est malheureusement très courte. De 1945 à 1948, elle entreprend une tournée exhaustive au Canada, aux États-Unis et en Amérique Latine, mais dès 1946 sa voix devient légèrement râpeuse, un signe avant-coureur d'altération. Elle n'est pas très bien servie par son imprésario, Columbia Concerts. Son itinéraire est exténuant, ses cachets sont modestes, et elle doit assumer ses propres frais. En 1952, elle renonce à donner des concerts et se retire à Toronto où elle enseigne la musique. En 1955, elle fait une rare visite à Halifax et donne un récital dans la salle de bal de l'hôtel Lord Nelson. Elle fait salle comble. Elle revient deux ans plus tard; cette fois, elle chante à l'école Queen Elizabeth. Peu après, elle annonce qu'elle reprend sa carrière de cantatrice de concert. Toutefois, elle ne donne que quelques concerts après 1960. L'un d'eux, qu'elle considère comme le couronnement de sa carrière, est une représentation de gala en l'honneur de la Reine Elizabeth II, au Centre de la Confédération de Charlottetown (Î.-du-P.-É.) On appelait souvent Portia White «la Marian Anderson canadienne», par comparaison avec une chanteuse africaine-américaine connue. Comme Marian Anderson, Portia a souffert du racisme. Certaines salles de concert de la Nouvelle-Écosse, du Nouveau-Brunswick et de l'Ontario lui sont fermées au début de sa carrière. Elle se voit refuser une chambre dans un hôtel de Halifax où on ne «permet pas aux nègres» de séjourner. Toutefois, Portia White ne s'élève pas publiquement contre le racisme. C'est par sa carrière de musicienne qu'elle le combat le plus efficacement. Elle donne sa dernière représentation au congrès mondial de la World Baptist Federation en juillet 1967. Elle meurt à Toronto en février 1968. En 1997, le gouvernement de la Nouvelle-Écosse crée un prix spécial pour les artistes en son honneur, un hommage bien mérité par cette femme remarquable qui a eu tant d'importance dans la vie musicale de sa communauté et du reste du monde.
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