| Sandra Lovelace 1947- | ||
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Sandra Lovelace, une autochtone Malécite originaire de la réserve Tobique (Nouveau-Brunswick), appartient à la deuxième vague du féminisme au Canada. C'est parce qu'elle a porté plainte au Comité des droits de l'homme des Nations-Unies que les femmes autochtones du Canada restent inscrites comme prévu par la Loi sur les Indiens quand elles épousent un non- autochtone. Sandra Lovelace est née sur la réserve de Tobique en 1947. En 1970, elle épouse un aviateur américain, Bernie Lovelace, et s'installe avec lui en Californie. Quelques années plus tard, quand son mariage prend fin, Sandra et ses enfants reviennent à Tobique et découvrent qu'ils n'ont plus droit ni au logement, ni à l'éducation, ni aux soins de santé prévus pour les autochtones inscrits par la Loi sur les Indiens du Canada. Sandra devra lutter pendant près de 10 ans pour être à nouveau inscrite. La Loi sur les Indiens, qui régit encore les relations entre les autochtones et le gouvernement du Canada, a été proclamée en 1869. Cette loi prenait pour acquis, comme le croyaient alors les Européens et les Canadiens, que l'homme devait être le chef de famille et que le statut légal des femmes dépendait de celui du chef de leur famille. En pratique, cela signifiait que les femmes autochtones cessaient d'être inscrites quand elles épousaient un non-autochtone, et que leurs enfants ne l'étaient pas non plus, alors que les hommes le restaient dans le cas contraire. Au début des années 1970, deux groupes de femmes autochtones, Indian Rights for Indian Women et la National Native Women's Association, lancent une campagne visant faire modifier la Loi. Avec l'appui de groupes de femmes non-autochtones comme le Comité canadien d'action sur le statut de la femme et la Voix des femmes, elles organisent des manifestations, occupent des locaux publics et font appel aux tribunaux. En 1974, la Cour suprême du Canada confirme la Loi. Sandra se joint à la campagne en 1977. En 1979, le groupe des femmes de Tobique organise une marche de femmes et d'enfants de la réserve d'Oka, près de Montréal, à Ottawa (une distance de 100 milles), afin de sensibiliser le public à leur situation. En chemin, les gens qui les soutiennent leur offrent de la nourriture et des boissons fraîches. En outre, Sandra porte plainte auprès du Comité des droits de l'homme des Nations-Unies. Celui-ci est lent à agir. Le 14 août 1979, il demande de l'information supplémentaire et permet au gouvernement du Canada de justifier sa ligne de conduite. Le gouvernement prétend qu'il aimerait modifier la Loi sur les Indiens, mais qu'il ne pense pas pouvoir le faire sans l'assentiment des Premières Nations, qui étaient partagées sur la question. En 1981, le Comité des droits de l'homme déclare que le Canada enfreint à l'Accord international sur les droits civiques et politiques. Même après cette décision, le gouvernement canadien réagit lentement. Les politiciens savent que les hommes qui gouvernent les Premières Nations s'opposent à la modification de la Loi, et hésitent à s'interposer. En juillet 1981, le gouvernement canadien commence à accorder des exemptions à la décision de l'ONU aux bandes qui en font la demande. En 1985, malgré l'opposition de nombreux dirigeants de bandes à cette réforme, la Loi sur les Indiens est enfin révisée. Dorénavant, les femmes autochtones mariées avec des non-autochtones et leurs enfants auront le droit d'être inscrits. Cette réussite montre ce que peut accomplir, par ses propres moyens, une femme qui décide de redresser une injustice. Les femmes des minorités raciales et ethniques doivent surmonter des obstacles particuliers dans leur lutte pour l'égalité devant la loi; pour Linda Lovelace, il ne s'agissait pas seulement de contester l'autorité du gouvernement fédéral, mais aussi celle des dirigeants (en majorité des hommes) des Premières Nations. Plusieurs groupes de femmes autochtones et non-autochtones de la deuxième vague féministe ont compté parmi ses plus importants soutiens.
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