La médecine au Canada

 

Dre Emily Stowe, une pionnière

Emily Howard Jennings Stowe (1831-1903) a été la première Canadienne à pratiquer la médecine au Canada. Elle a été forcée d'aller aux États-Unis pour apprendre la médecine parce qu'aucune école de médecine canadienne ne voulait l'admettre. Une fois revenue au Canada pour pratiquer la médecine, elle a également milité en faveur des droits des femmes. La carrière médicale de la Dre Stowe a été très différente de celle son contemporain, sir William Osler. Sa vie illustre les difficultés rencontrées par les femmes qui voulaient devenir médecins pendant la deuxième moitié du XIXe siècle.

Emily Howard Jennings naît en 1831 à Norwich, dans le comté d'Oxford (environ 150 km au sud- ouest de Toronto; elle est l'aînée de six filles. Elle va à l'école jusqu'à l'âge de 15 ans, puis commence à enseigner dans une petite école du voisinage. Plus tard, elle obtient un brevet d'enseignement de première classe et devient même directrice d'une école publique de Brantford. Emily marie John Stowe en 1856, puis donne naissance à trois enfants en sept ans. Pour des raisons financières, Emily recommence à enseigner lorsque son mari contracte la tuberculose et doit aller se faire traiter dans un sanatorium. Emily décide alors de devenir médecin; c'est peut-être la maladie de son mari qui a éveillé son intérêt pour la médecine, ou encore le besoin d'une profession mieux rémunérée que l'enseignement maintenant qu'elle est le soutien financier de la famille. Quoi qu'il en soit, les écoles médicales du Canada ayant refusé de l'admettre, Emily entre au New York Medical College for Women, aux États-Unis.

En 1867, Dre Emily Stowe revient au Canada et ouvre un cabinet de médecin à Toronto. Elle espère trouver dans cette grande ville des malades qui voudront être traités par une femme médecin spécialisée dans les maladies des femmes et des enfants; elle a raison, et les malades s'adressent à elle. Toutefois, même si elle est diplômée en médecine, l'Ordre des médecins et chirurgiens de l'Ontario lui refuse une licence. Les médecins formés aux États-Unis sont tenus de suivre des cours dans une école de médecine de l'Ontario, puis de passer des examens d'admission. Cependant, Dre Stowe est incapable de satisfaire à ces exigences parce qu'aucune école de médecine de l'Ontario n'admet des femmes. Finalement, Emily et une autre femme médecin, Jenny Trout, sont admises aux cours de la Toronto School of Medicine au début des années 1870, et Dre Stowe obtient sa licence de médecine de l'Ontario en 1880.

En raison des obstacles et difficultés multiples qu'elle a rencontrés dans ses efforts pour étudier et pratiquer la médecine, Emily Stowe sait ce que c'est que l'inégalité. Ses expériences personnelles l'ont amenée à devenir une inflexible partisane des droits des femmes et une ardente militante en faveur du droit de vote des femmes. Comme l'indique Beacock Fryer, biographe d'Emily Stowe, celle-ci finira par prendre plus d'importance en tant que suffragette qu'en tant que médecin. Elle renverse d'importants obstacles au bénéfice de la génération suivante de femmes médecins. La première femme médecin à obtenir un diplôme d'une école de médecine canadienne (le Toronto Woman's Medical College) en 1883 est nulle autre que la fille d'Emily, Augusta Stowe-Gullen. Un deuxième collège de médecine pour femmes ouvre ses portes à Kingston, et des femmes y obtiennent un diplôme en médecine un an après Stowe-Gullen. Les attitudes à l'égard de la médecine au féminin évoluent lentement, en grande partie grâce à Emily Stowe et à d'autres pionnières de la médecine du XIXe siècle.

 

 

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