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La médecine au Canada : les médecins et leurs découvertes |
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Affaires de coeur : médecins canadiens éminents Dans les laboratoires des universités canadiennes, des hommes et des femmes médecins apportent d'importantes contributions dans le domaine des maladies et de la chirurgie cardiaques. À l'Université McGill, Dre Maude Abbott (1869-1940) surmonte les barrières traditionnelles pour devenir médecin, un peu comme la pionnière, Dre Emily Stowe. Abbott devient une pathologiste éminente et une experte des malformations cardiaques congénitales (troubles cardiaques présents dès la naissance). Dans son ouvrage intitulé Atlas of Congenital Cardiac Disease, elle décrit des centaines de cas de troubles cardiaques. Son chapitre à ce sujet dans le manuel de William Osler intitulé Modern Medicine est la grande autorité en la matière à l'époque. Sa classification et sa description de ces affections cardiaques contribuent aux premiers progrès de la chirurgie cardiaque en Amérique du Nord. À Toronto, les chirurgiens du coeur Gordon Murray (1894-1976), William Mustard (1914-1987) et Wilfred Bigelow (né en 1913 et toujours vivant) ouvrent de nouvelles voies à la chirurgie cardiaque en pratiquant de nouvelles opérations audacieuses qui sauvent des vies. Murray est un chirurgien habile et innovateur qui perfectionne, en compagnie de Charles Best (l'un des codécouvreurs de l'insuline), l'utilisation clinique de l'héparine, un anticoagulant nécessaire pour prévenir la formation de caillots de sang après une opération. Au Toronto General Hospital, Murray pratique avec grand succès divers genres d'opérations cardiovasculaires dont certaines, particulièrement remarquables, sont effectuées sur des enfants ayant des malformations cardiaques; c'est avant l'ère des opérations à coeur ouvert. Murray est le « médecin de la maladie bleue » des années 1940 et opère plus de malades cardiaques que tout autre chirurgien canadien. Dr Mustard prend la relève de Murray. Il est spécialiste de la chirurgie cardiaque au Hospital for Sick Children de Toronto. (Au début de sa carrière, Mustard a aussi pratiqué la chirurgie orthopédique, inventant une technique de transposition de tendons qui porte son nom.) Il opère de nombreux bébés ayant la maladie bleue, améliore les techniques d'opération déjà connues et élabore une nouvelle technique difficile : utilisée pour la première fois en 1963, c'est la technique de Mustard pour la transposition de gros vaisseaux sanguins, traitement d'une autre grave malformation cardiaque qui cause la maladie bleue des bébés. Sa technique sauve ces derniers par centaines. Mustard est le seul chirurgien canadien qui ait donné son nom à deux techniques utilisées dans des spécialités différentes. Le chirurgien cardiaque torontois Wilfred Bigelow fait deux découvertes médicales dans son domaine : l'utilisation de l'hypothermie et la mise au point du stimulateur cardiaque. Il commence à expérimenter l'hypothermie, méthode qui consiste à refroidir le corps et le coeur et qui rendra possible la chirurgie à coeur ouvert. Une fois refroidis, le coeur et le corps peuvent tolérer une interruption de la circulation sanguine pendant 15 minutes, ce qui permet aux chirurgiens d'ouvrir la cage thoracique, de ne pas avoir de sang dans le champ opératoire et de voir directement le coeur pour en corriger les malformations. La première opération à coeur ouvert pratiquée à l'aide de l'hypothermie a lieu en 1952. Plus tard, les chirurgiens à coeur ouvert ajouteront aux techniques d'hypothermie l'emploi d'une nouvelle pompe cardiopulmonaire, appareil qui permet au sang de contourner le coeur et les poumons du malade pendant l'opération. Tout en menant ses recherches sur l'hypothermie, Bigelow commence aussi à mettre au point un stimulateur cardiaque capable de provoquer et de maintenir les fonctions du coeur en cas d'arrêt cardiaque. Le stimulateur cardiaque de Toronto est trop gros et trop encombrant pour que les malades puissent l'utiliser. Plusieurs années plus tard, la transistorisation et les batteries au lithium permettent de fabriquer un petit appareil (le « pacemaker ») qui peut être implanté dans l'organisme.
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