La médecine au Canada : les médecins et leurs découvertes

 

Banques de sang mobiles : Dr Norman Bethune, un innovateur

Le chirurgien canadien Norman Bethune (1890-1939) est encore de nos jours un héros vénéré par le peuple chinois. Au Canada, les opinions sont mitigées au sujet du médecin de Gravenhurst, en Ontario, en raison de ses convictions socialistes. En 1936, Bethune se rend en Espagne pour combattre les fascistes de Franco. Deux ans plus tard, il se trouve en Chine et aide la huitième armée de terre communiste chinoise contre l'envahisseur japonais. Toutefois, si Bethune est un médecin remarquable, c'est en raison des méthodes innovatrices qu'il emploie pour sauver la vie des soldats blessés sur les champs de bataille. En Espagne, puis en Chine, il introduit l'idée des banques de sang mobiles, qui lui permet, en compagnie d'autres médecins, de faire immédiatement des transfusions sanguines pour des soldats blessés, leur sauvant souvent la vie avant qu'ils soient envoyés à l'hôpital.

Après avoir étudié à Toronto, Bethune devient chirurgien thoracique pour pouvoir aider les nombreuses personnes atteintes de tuberculose en Amérique du Nord. Il s'intéresse à la tuberculose parce qu'il a lui-même souffert de cette maladie. Dans les années 1920, on a diagnostiqué chez lui la tuberculose, et il a passé des mois au célèbre sanatorium Trudeau, dans les monts Adirondack, où on a pratiqué sur lui avec succès un pneumothorax artificiel, intervention consistant à provoquer l'affaissement du poumon malade pour lui permettre de se reposer, ce qui est considéré à l'époque comme un traitement nouveau et radical. Il se rend à Montréal parce que le taux de mortalité causée par la tuberculose y est élevé et accepte un poste au Royal Victoria Hospital. À cet endroit, Bethune améliore bon nombre d'instruments de chirurgie; son plus célèbre est le costotome de Bethune (cisaille servant à couper les côtes), encore utilisé aujourd'hui. Sa plus grande contribution à la médecine, toutefois, reste à venir.

En Espagne, puis bien davantage en Chine, Bethune voit mourir de nombreux soldats qui perdent trop de sang pendant qu'on les ramène aux hôpitaux de la base. Il organise des unités de soins mobiles, qui suivent les régiments au combat, pour donner aux blessés les transfusions sanguines nécessaires. Son service de transfusions sanguines consiste en un wagon contenant un réfrigérateur, un stérilisateur, un incubateur et d'autres fournitures nécessaires comme des lampes, des flacons, des appareils à transfusion et une réserve de sang. Le sang est nécessaire surtout au front, à l'endroit même où gisent les blessés. L'introduction des banques de sang mobiles sur les champs de bataille est un progrès médical important.

En 1939, Bethune meurt de septicémie après avoir opéré un soldat chinois infecté alors qu'il avait une coupure au doigt. (Il refusait de porter des gants de caoutchouc, affirmant que cela réduisait la finesse de son sens du toucher, dont il avait besoin lorsqu'il opérait.) Il n'y a pas de sulfamides (pénicilline) pour le traiter. Après sa mort, il est immédiatement considéré comme un martyr et un héros par les Chinois. Toute sa vie, Bethune se montre innovateur et idéaliste, tant en modifiant l'équipement de chirurgie que par ses opinions socialistes en faveur des soins de santé universels au Canada. Il a laissé le souvenir d'un grand médecin qui a fait un travail médical humanitaire.

 

 

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