La civilité en tant que principe de politique étrangère
 

(questions #3)Dans une société, la civilité signifie l'absence de violence physique dans les relations sociales, un sens général et développé d'équité et de tolérance, la protection des droits de la personne et un vif sentiment de solidarité avec les pauvres, les personnes handicapées et les gens qui ne sont pas en mesure de faire face aux exigences d'un monde compétitif. Selon les valeurs occidentales, c'est un idéal que les gens peuvent s'efforcer de réaliser, même s'il restera toujours un certain écart entre l'idéal et la réalité. Dans certains pays, la civilité n'est pas seulement un idéal pour les gens dans leur vie personnelle, mais aussi une valeur communautaire et collective, si bien que le travail des autorités locales, provinciales et fédérales est jugé selon leurs normes de mise en pratique du principe de civilité.

Le Canada est l'un des très rares pays qui s'efforcent d'élaborer à l'échelle nationale une culture politique de la civilité, et il réussit relativement bien à réaliser cet objectif. Ainsi s'explique le fait que le Canada a l'habitude de se classer au premier rang d'après l'indice du développement humain des Nations Unies. Une indication de la réputation de civilité dont jouit le Canada à travers le monde mérite d'être signalée : c'est le fait qu'un Canadien, John Peters Humphrey, a été choisi par les Nations Unies comme rédacteur principal de la Déclaration universelle des droits de l'homme.

La civilité convient aux Canadiens, et ils le savent. Elle fait partie de l'image officielle qu'ils ont d'eux-mêmes. Cette image a été nourrie par toute une série de déclarations de politiciens, de journalistes, d'écrivains et d'autres personnalités. Il est donc tout naturel que les gouvernements canadiens, depuis la Deuxième Guerre mondiale, aient tenté d'appliquer les divers éléments de la civilité dans leur politique extérieure. Ce n'est pas facile, car la politique étrangère du Canada est fortement influencée par les cinq paramètres que nous avons décrits plus haut. Ces facteurs limitent la portée de la politique idéale et obligent le Canada à tendre vers un idéalisme plus pratique. Toutefois, ceux qui oeuvrent dans le Service extérieur canadien ont toujours réussi à glisser dans l'élaboration de leurs politiques quelques bribes de cet idéal de civilité, même dans les situations les plus difficiles de leurs relations extérieures.

 

 

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