| Formation de la stature politique du Canada | ||
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Un pays dont la population se considère et est considérée par les autres comme une société unique et spécifique peut être appelé une nation. Cette nation peut comprendre un ou plusieurs groupes ethniques, religieux ou culturels, mais, si son identité collective est considérée plus importante que les particularités sociales, elle répond au principal critère qui définit une nation. Si cette identité collective nationale s'incarne de façon politique, la nation peut devenir un État- nation. Dans le monde actuel, les États sont formés surtout selon le modèle de l'État-nation; dans le passé, par contre, les États multinationaux étaient aussi assez courants. Le Canada est un cas spécial, car son modèle politique s'est formé lentement et de façon presque totalement pacifique. Cinq paramètres importants sont les facteurs décisifs du processus unique qui a fait du Canada une entité politique distincte :
Ajoutons à ces paramètres l'influence du climat rigoureux sur la vie quotidienne des gens du Canada, et cela donne une société de gens déterminés non seulement à survivre contrairement à toute attente, mais aussi à réussir leur vie tant personnelle que collective. L'identité de l'État- nation, contrairement à celle de nombreuses nations européennes du XIXe siècle, dépendait de la réussite de l'individu au sein de la collectivité. À l'exception d'une minorité relativement restreinte, les Canadiens avaient un horizon politique qui ne dépassait guère les frontières de leur province. La situation se modifie pendant que le Canada participe aux deux guerres mondiales du XXe siècle. C'est seulement pendant et après la Deuxième Guerre mondiale que l'État-nation canadien commence à jouer un rôle actif et visible sur la scène internationale, et il est l'un des États les plus internationalistes. Dans ce contexte, « internationaliste » signifie le contraire d'égocentrique, de replié sur soi et d'isolationniste. En plus de l'internationalisme, on se doit de souligner d'autres caractéristiques de la politique étrangère canadienne : le multilatéralisme (politique de formation de coalitions avec d'autres nations), la médiation (diplomatie visant les solutions de compromis) et la lutte pour des changements pacifiques (qui vise à remplacer la guerre par des moyens non violents). L'ensemble de ces termes ou de ces principes de politique étrangère constitue ce que Franklyn Griffiths appelle la civilité. Nous devons toutefois prendre garde d'éviter de glisser dans la complaisance. La civilité ne peut constituer le principe fondamental de la politique étrangère d'un pays que si ses intérêts nationaux s'allient à une politique humanitaire fondée sur des valeurs. Cet alliage semble fonctionner fort bien dans le cas du Canada.
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