| Transition du CCF au NPD et évolution après 1961 | ||
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Au cours des années 50, la Fédération du commonwealth coopératif piétine, ne trouvant des appuis que dans l'Ouest canadien et ayant peu de moyens de faire des gains ailleurs. Les stratégistes du parti estiment qu'un « élargissement » est nécessaire pour attirer davantage les travailleurs syndiqués et les électeurs de la classe moyenne tout en gardant l'appui des agriculteurs de l'Ouest. Au plus fort de la ferveur anticommuniste qui marque la guerre froide, le CCF adopte à son congrès de 1956 la Déclaration de Winnipeg, qui remplace le Manifeste de Regina comme énoncé des buts et objectifs fondamentaux du parti. Cette déclaration abandonne les propositions d'étatisation à grande échelle, cesse de traiter les capitalistes d'ennemis et propose une alliance de gens de la classe moyenne, d'agriculteurs et de travailleurs de tendance progressiste qui souhaitent une plus grande égalité au Canada. Après l'élimination presque complète du parti sur la scène fédérale lors du balayage conservateur de 1958, le congrès du CCF accepte de collaborer avec le Congrès du travail du Canada (CTC) pour fonder un nouveau parti national. En 1961, l'alliance entre le CCF et le CTC donne naissance au Nouveau Parti démocratique, et Tommy Douglas, premier ministre de la Saskatchewan sous l'étiquette du CCF, devient le premier chef national du NPD. De 1961 à 1988, le NPD remporte un peu plus de succès aux élections que le CCF n'en avait obtenu de 1935 à 1958, mais sans réussir une percée majeure. Les résultats du parti en Ontario et au Québec sont décevants pour les dirigeants et les militants du parti; aux élections fédérales de 1997, toutefois, le NPD fait élire huit députés dans les Maritimes, y compris la chef du parti, Alexa McDonough. Toutefois, malgré ses faibles résultats électoraux, le NPD exerce une influence certaine sur les politiques nationales. Les pressions qu'il exerce sur le gouvernement libéral fédéral amènent celui-ci à instaurer le régime d'assurance-maladie pendant les années 60, à fonder la compagnie pétrolière nationale Petro-Canada et à limiter la proportion d'investissements étrangers directs dans l'économie canadienne pendant les années 70. De 1960 à 1988, les gouvernements néo- démocrates provinciaux et le NPD fédéral pressent le gouvernement fédéral d'augmenter les contributions fédérales aux programmes sociaux. Les gouvernements néo-démocrates provinciaux, notamment ceux des premiers ministres Blakeney en Saskatchewan et Rae en Ontario, jouent un rôle national important dans les débats constitutionnels et les discussions de politiques sociales. Où est la place du NPD de nos jours? Il se trouve que la tendance politique générale a viré à droite depuis 15 ans, de sorte que la population appuie davantage la réduction des déficits, des taxes, des impôts, des programmes et services sociaux et d'autres éléments du secteur public. Le programme traditionnel du NPD, qui préconise la redistribution des richesses et l'interventionnisme des gouvernements, devient donc moins populaire auprès de l'électorat. Aux élections fédérales de 1993, le NPD ne détient plus que 8 sièges après avoir atteint un maximum de 43 sièges en 1988, et les élections de 1997 ne lui donnent que de très minces résultats hors des Maritimes. Le parti devra peut-être formuler de nouvelles politiques et de nouvelles conceptions du rôle des gouvernements pour augmenter sensiblement ses appuis électoraux.
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