| Crédit social | ||
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La Ligue du Crédit social est fondée par un directeur d'école de Calgary, William Aberhart, qui est également un radioévangéliste réputé. Celui-ci devient un chef politique charismatique en 1932 après avoir découvert la théorie économique non-conformiste de l'ingénieur britannique C.H. Douglas. Selon cette théorie, toute personne a droit à une partie de la richesse que nous avons produite collectivement, mais qui nous est enlevée par les financiers qui ont la mainmise sur le système monétaire. Douglas considère sa théorie comme l'explication de la « sous- consommation » dans les sociétés industrielles avancées. Si les banques étaient mises sous la tutelle de la société, on pourrait remédier à cette sous-consommation en distribuant à toute la population un « dividende culturel », également appelé crédit social, ce qui augmenterait le revenu utilisable des gens ordinaires. Aberhart ne comprend pas beaucoup les détails de la théorie de Douglas, mais le crédit social lui plaît comme solution de rechange au socialisme parce qu'il ne préconise pas l'étatisation des industries. Une fois converti au crédit social, il utilise son émission de radio pour convertir son auditoire. En 1934, il exerce des pressions pour que le gouvernement provincial accepte son plan de crédit social modifié. Lorsque le gouvernement des Fermiers unis de l'Alberta rejette son plan en le déclarant anticonstitutionnel, Aberhart transforme ses groupes d'étude du crédit social pour en faire la Ligue du Crédit social. La ligue domine la campagne électorale albertaine de 1935 en tenant des assemblées publiques spectaculaires, promet 25 $ par mois par personne et s'attaque au Parti libéral et à celui des Fermiers unis, qu'elle accuse d'être les exécutants politiques des banquiers. Aberhart donne à la population ce qu'elle veut pendant les années difficiles de la Crise : l'espoir en période de profonde insécurité et un moyen d'exprimer sa colère contre « la pauvreté au milieu de l'abondance ». Le parti d'Aberhart chasse du pouvoir les Fermiers unis de l'Alberta au cours de l'été 1935, puis remporte tous les sièges de l'Alberta aux élections fédérales de 1935. Le Crédit social gouvernera l'Alberta pendant 36 ans. Le premier ministre Aberhart meurt en 1943, et son bras droit, Ernest C. Manning, prend la tête du parti et du gouvernement. Manning demeure premier ministre jusqu'en 1968 et dirige l'un des gouvernements provinciaux les plus conservateurs du Canada. Toutefois, au début des années 70, l'électorat urbain de l'Alberta trouve que le gouvernement créditiste est vieux jeu dans les domaines social et culturel. Aux élections provinciales de 1971, les Conservateurs de Peter Lougheed remportent une victoire décisive sur le Parti Crédit social. Depuis 1978, le Crédit social n'est plus une menace sérieuse aux élections provinciales de l'Alberta. Appuyé par les petits entrepreneurs et l'élite de la grande entreprise, le Parti Crédit social de la Colombie-Britannique, dirigé par W.A.C. Bennett, gouverne la province de 1952 à 1972. Lorsque le Nouveau Parti démocratique de la Colombie-Britannique remporte enfin la victoire en 1972, c'est parce que les partis libéral et conservateur ont décidé de présenter chacun ses candidats, divisant ainsi en trois les suffrages en faveur de la droite. Toutefois, après le rétablissement de la vieille alliance entre Libéraux, Conservateurs et Créditistes sous la direction de Bill Bennett, le fils de W.A.C. Bennett, le Crédit social reprend le pouvoir, qu'il détiendra encore 15 ans. À l'échelle nationale, le Crédit social ne sera jamais un tiers parti marquant à l'est de son berceau albertain et n'aura aucune influence sur la politique du gouvernement fédéral.
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