L'essor des tiers partis pendant la Crise
 

La Crise des anées 30 est une période marquées par un chômage, des difficultés économiques et des tiraillements sociaux énormes. Elle déclenche aussi une nouvelle restructuration du système des partis dans l'Ouest canadien. Les événements nouveaux les plus considérables sont de loin la création de la Fédération du commonwealth coopératif (CCF) en 1932 et celle de la Ligue du Crédit social en 1935, qui ont lieu toutes deux à Calgary.

Les origines du CCF se retrouvent surtout dans les alliances entre agriculteurs et ouvriers qui se sont lentement formées dans les années 20. En 1932, le congrès annuel des Fermiers unis de l'Alberta adopte une résolution en faveur d'un « commonwealth coopératif » et sollicite la coopération politique des représentants des organisations syndicales. Peu après, ces représentants se réunissent à Calgary avec des associés des partis travaillistes et s'entendent sur un programme électoral préconisant des mesures socialistes modérées. Ils donnent à leur nouveau parti le nom de « Fédération du commonwealth coopératif : agricole, travailliste et socialiste ».

Le premier congrès en règle du CCF a lieu à Regina en juillet 1933. Le « manifeste de Regina » condamne le capitalisme parce qu'il crée des inégalités et des difficultés inacceptables. Il préconise l'étatisation à grande échelle, une « économie planifiée », la nationalisation des institutions financières, la promotion des coopératives, l'augmentation de l'impôt sur les sociétés, la démocratie industrielle et la primauté des besoins de la personne sur le profit capitaliste comme moteur d'activité économique. Des propositions semblables avaient cours depuis 20 ans au sein des partis travaillistes et de certaines organisations agricoles canadiennes.

Malgré ses revers électoraux dans les années 30, on voit en 1940 que le CCF a largement modifié l'allure de la lutte entre les partis dans l'ouest du Canada et même en Ontario. Sauf en Alberta, le CCF est désormais un prétendant sérieux au pouvoir provincial sur la scène politique de l'Ouest. En Saskatchewan et en Colombie-Britannique, les deux vieux partis s'allient pratiquement pour tenir le parti socialiste à l'écart du pouvoir.

La force électorale du CCF en Colombie-Britannique est fondée sur l'appui des syndicats, alors que ses principaux appuis en Saskatchewan viennent des agriculteurs. En 1944, dirigé par Tommy Douglas, le CCF de la Saskatchewan devient le premier gouvernement socialiste élu en Amérique du Nord. Douglas est premier ministre de la Saskatchewan de 1944 à 1960, puis chef national du Nouveau Parti démocratique (NPD) de 1961 à 1970.

Après 1933, en Colombie-Britannique et au Manitoba, les organisations syndicales sont le pilier du CCF tant dans les grandes villes que dans les villes minières. Le CCF du Manitoba obtient également de solides appuis chez les agriculteurs relativement peu prospères des régions situées au nord de Winnipeg. Dans les autres provinces, toutefois, le CCF ne réalise pas la percée qui en aurait fait un prétendant sérieux au pouvoir.

 

 

 


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