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  L'innovation au Canada
 

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De nos jours, la haute technologie fait les manchettes. C'est elle qui, du bras télécommandé (CANADARM) à l'ordinateur de pointe, ouvre la voie à l'avenir. La technologie en elle-même n'est cependant que la capacité de fabriquer et d'utiliser les outils qui conviennent à une tâche particulière. C'est l'alliance de la technologie et du commerce qui produit l'innovation et assure un avantage concurrentiel.

Si la technologie n'est que du savoir-faire, qu'est-ce que l'innovation? C'est tout simplement un produit ou un procédé nouveau que le consommateur peut se procurer. L'idée peut donner naissance à une invention, mais une invention n'est pas une innovation tant qu'elle n'est pas commercialisée. Ce n'est que lorsque le savoir-faire technologique est développé, vendu, diffusé et utilisé qu'il devient une innovation.

Il arrive qu'une idée soit réalisable sur le plan technique, et même brevetée, sans pour autant se vendre. Du concept au marché, la route est longue et aléatoire. Pour qu'une invention nouvelle devienne profitable, il peut suffire de cinq ans — ou il faut parfois attendre un siècle. Le procédé Xerox, par exemple, a été breveté dans les années 1930, mais il a fallu attendre 40 ans pour que l'usage des copieurs se généralise.

La technologie de pointe améliore l'efficacité des entreprises en leur permettant de manufacturer plus économiquement leurs produits, tant nouveaux que traditionnels. L'innovation favorise la productivité et la croissance économique. C'est pourquoi la réussite future du Canada dépend de l'innovation technologique qui lui permettra de rester concurrentiel sur les marchés mondiaux. Nous ne manquons pas de bonnes idées; mais nous avons toujours eu de la difficulté à les exploiter à notre avantage.


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Pablum et kérosène
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La liste de nos inventions et de nos innovations est impressionnante. C'est au Canada qu'ont été inventés le Pablum et le kérosène, tout comme le microscope électronique et le bowling à cinq quilles. Notre pays s'est édifié sur la richesse de ses ressources naturelles; c'est donc surtout dans les domaines de l'agriculture, de l'exploitation minière et forestière, de l'énergie et des pêches que nous avons innové. Le blé Marquis, mis au point par Charles Saunders, a conquis l'Ouest dès son introduction, en 1908, parce qu'il ne lui fallait que 100 jours pour mûrir. Cette qualité était importante dans les Prairies, où les premières gelées sont hâtives. La moissonneuse-batteuse automotrice construite en 1937 par Thomas Carroll, une innovation remarquable qui combinait en une seule opération toutes les étapes de la récolte du blé — nettoyage, battage, mise en gerbe et liage — a facilité la tâche de tous les agriculteurs d'Amérique du Nord.

L'immensité du Canada, son climat rigoureux et sa géographie diversifiée ont inspiré des innovations dans le domaine des transports. En 1937, Armand Bombardier obtenait son premier brevet d'invention pour une chenille à coussinet de caoutchouc, qui permit la construction de la première motoneige commerciale à plusieurs places, puis du «Skidoo» indispensable à nos activités hivernales.

En raison des distances considérables, l'aviation a joué un rôle particulièrement important dans l'essor du Canada. L'hélice à pas variable, mise au point en 1922, a donné naissance à l'industrie du transport aérien en permettant aux avions de transporter de lourdes charges. L'Avro Jetliner, le premier avion à réaction commercial en Amérique du Nord et le deuxième dans le monde, a été construit à Toronto. Dans le domaine de la technologie des petits appareils, le succès des avions à décollage et à atterrissage courts DASH-7 et DASH-8 est bien connu.

La faible densité de notre population a aussi encouragé le développement technologique dans le domaine des communications. C'est à Alexander Bell que nous devons le téléphone. Mais il a aussi inventé le standard lumineux, l'audiophone et le gramophone, et préparé la voie à la radio, au magnétophone et à la télévision. Toutes ces inventions virent le jour au Canada, tout comme le système Creed, premier téléscripteur émetteur-récepteur du monde, inventé en 1927, et la technique de téléphotographie, qui permettait aux photographies d'accompagner les articles de journaux. Plus près de nous, la Northern Telecom s'est placée à l'avant-garde mondiale de la fabrication de standards téléphoniques numériques.

Dans le domaine de la médecine, la découverte de l'insuline par une équipe de l'Université de Toronto, le premier service mobile de transfusion sanguine, le premier test pratique de dépistage du cancer, ainsi que le traitement de cette maladie par le cobalt sont d'autres réussites canadiennes.

Ce ne sont là que quelques-unes des inventions et des innovations qui font partie de notre histoire. Malheureusement, les Canadiens n'ont pas toujours réussi à obtenir le soutien financier nécessaire pour passer du stade de l'invention à celui de l'innovation. Nos ressources naturelles étant en grande demande partout dans le monde, nous avons souvent trouvé plus facile et plus rentable à court terme d'investir dans leur exploitation. Il est important que nous exploitions nos inventions sur les marchés mondiaux où l'innovation technologique assure une position avantageuse; nous en sommes de plus en plus conscients.

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La chaîne de l'innovation
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Une innovation profitable possède deux caractéristiques : elle s'appuie sur une solide conception technique et elle répond à un besoin. Une innovation peut se présenter sous la forme d'un produit ou d'un procédé nouveau. Dans l'un et l'autre cas, son développement se fait en une série d'étapes qui relient l'idée au marché comme une chaîne dont les deux premiers maillons, l'invention et le développement, sont issus de la recherche. Viennent ensuite la commercialisation et la distribution, résultats de l'investissement et de techniques de mise en marché efficaces.

Les industries et les nations qui investissent dans la recherche et le développement (R-D) sont aussi plus à même de créer et d'utiliser des technologies nouvelles. Par rapport à l'importance de son économie, le Canada investit beaucoup moins dans ce domaine que les États-Unis ou le Japon; ce qui surprend, c'est qu'en outre il dépense moins que des pays tels que la Norvège et la Finlande dont la population est beaucoup plus faible. Au lieu d'innover, nous importons les nouveaux produits créés ailleurs. Il en résulte une augmentation annuelle de 5 p. 100 de notre déficit dans le secteur de la haute technologie : nous importons donc beaucoup plus de technologies que nous en exportons.

Le Canada paie le prix fort pour utiliser la technologie des autres nations. Chaque million de dollars consacré à l'achat d'ordinateurs et de téléviseurs importés nous coûte 10 emplois. La création de marchés pour les produits technologiques fabriqués au pays réduirait les importations. Par exemple, bien que l'importance de notre industrie forestière soit comparable à celle de la Suède (qui investit largement dans la R-D), nous abattons nos arbres avec des scies à chaînes suédoises. La clé de l'innovation est la commercialisation. Les études démontrent que les innovateurs à succès ont pris la peine d'identifier les besoins de leur clientèle, et de chercher des façons nouvelles de les satisfaire.

Les brevets sont un indice de créativité qui traduit la capacité d'invention d'un pays. Chaque brevet représente une innovation possible. En tant qu'innovateur, le Canada n'a relativement pas d'importance; nous ne créons que 0,3 p. 100 des inventions brevetées dans le monde. Plus de 90 p. 100 des demandes de brevet au Canada sont soumises par des étrangers, en majorité des Américains. À l'inverse, les Canadiens obtiennent relativement peu de brevets à l'étranger.

Que signifient ces chiffres? Alors qu'il ne produit qu'une faible proportion des technologies nouvelles, les autres nations considèrent le Canada comme un marché profitable pour leurs innovations. Si nous nous efforcions d'exploiter davantage nos technologies nouvelles à l'étranger, les deux premiers maillons de la chaîne en seraient beaucoup plus solides. Une partie des bénéfices réalisés sur nos ventes pourrait être réinvestie dans la recherche de base.

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Vers la réalisation
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Le transfert des technologies est le troisième maillon de la chaîne de l'innovation. Pour que l'idée ou l'invention nouvelle passe du laboratoire à l'industrie qui la transformera en un produit ou un procédé, il faut des mécanismes de transfert des technologies. Puisque le Canada ne crée qu'une faible proportion des inventions brevetées dans le monde, il a tout intérêt à encourager l'importation des technologies de l'étranger. Par le truchement des multinationales et par les achats de licences, les entreprises canadiennes peuvent acquérir des technologies permettant de créer des innovations. Cependant, les autres entreprises et les autres nations reconnaissent l'avantage concurrentiel que leur donne la technologie de pointe, et commencent à protéger leurs découvertes. Sans technologie à échanger, l'accès de notre pays aux plus récentes découvertes technologiques peut se voir sérieusement restreint.

Au Canada, le transfert des technologies s'effectue par l'entremise des bureaux d'experts-conseil, des agences de brevetage et de courtage (qui vendent les idées nouvelles), des associations industrielles et des instituts de recherche. En outre, par le truchement de centres technologiques et de bureaux de transfert des technologies, les gouvernements fédéral et provinciaux aident les entreprises privées à obtenir et à commercialiser les résultats de la recherche gouvernementale. L'adjudication de marchés gouvernementaux est une autre façon d'encourager le développement et le transfert des technologies.

Pour promouvoir l'innovation, il est indispensable de renforcer le maillon du transfert, car peu d'entreprises canadiennes s'adonnent à la R-D de façon intensive.

Le quatrième et dernier maillon de la chaîne de l'innovation est la diffusion ou la distribution des technologies nouvelles au-delà de leur champ primaire d'utilisation. Les premiers utilisateurs d'une innovation sont souvent ceux qui risquent le plus, puisque ce sont eux qui financent la mise au point du produit. Il ne faut pas oublier qu'une technologie donnée peut souvent s'adapter à plusieurs usages. La taille de l'entreprise est un autre facteur déterminant dans l'adoption d'une nouvelle technologie par une industrie. Le Canada compte un nombre relativement élevé de petites et de moyennes entreprises qui n'ont souvent pas les moyens d'investir dans de nouvelles technologies coûteuses et risquées, ni les connaissances ou le personnel qui leur permettraient d'identifier les technologies utiles ou d'adapter une idée nouvelle à leurs besoins. Les disparités régionales peuvent aussi jouer un rôle dans la diffusion de la technologie. Dans certaines régions d'un pays tel que le Canada, les entreprises ont plus facilement accès aux technologies nouvelles, et sont mieux équipées pour les exploiter.

L'innovation comporte des risques, car la chaîne peut être brisée par de nombreux facteurs. Dans le domaine de la recherche, personne ne peut prédire les résultats, ni prévoir comment le consommateur accueillera une innovation. Les capitaux investis dans une innovation ne commencent souvent à rapporter que beaucoup plus tard. Il a fallu des années pour développer de nombreuses inventions importantes, telles que les semi-conducteurs, le nylon et la télévision, par exemple. Mais le manque d'innovation a des conséquences certaines : perte de rentabilité et amoindrissement de la marge concurrentielle.

 
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Partenaires en innovation
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Ce sont les efforts concertés de trois partenaires — les gouvernements, l'industrie et les universités — qui rendent possible les programmes d'innovation.

Les pays qui réussissent le mieux à mettre au point, à utiliser et à vendre les nouvelles technologies possèdent des réseaux de recherche, de développement, de conception et de commercialisation qui soutiennent les efforts faits en matière d'innovation. Les industries et les universités travaillent ensemble, tandis que les contrats gouvernementaux favorisent l'innovation et que des arrangements financiers particuliers aident les entreprises à commercialiser leurs technologies à l'échelle internationale.

En 1991, l'industrie canadienne dépensait plus de 3 milliards de dollars pour la R-D — soit 54 p. 100 des quelques 6,5 milliards de dollars consacrés à la R-D dans l'ensemble du pays. Cette somme peut sembler importante, mais elle représente moins que la moitié des fonds dépensés par d'autres grands pays industrialisés. De nombreux chefs d'entreprise reconnaissent que la somme totale consacrée à la recherche et au développement industriels au pays est insuffisante; par contre, ils estiment adéquates les dépenses en R-D qu'ils effectuent eux-mêmes. Une telle attitude est peut-être due au fait que, jusque récemment, l'accès aux technologies provenant d'autres pays a été relativement facile. En effet, la plupart des entreprises canadiennes dépendent de technologies empruntées ou importées. Le Canada compte environ 50 000 entreprises engagées dans la fabrication ou les services reliés à la technologie : moins de 3 p. 100 d'entre elles prévoient investir dans la R-D. Cependant, la facilité d'accès à ces technologies peut disparaître à mesure que d'autres pays adoptent des politiques protectionnistes pour rester concurrentiels.

Toutefois, le Canada a connu un certain nombre de réussites. Depuis les années 1970, notre industrie des télécommunications consacre des sommes importantes à la R-D, et jouit d'une renommée mondiale dans le domaine des techniques micro-électroniques ainsi que dans celui des commutations numériques. Les fonds consacrés à la R-D par les entreprises de construction aéronautique et de fabrication de pièces détachées, et par les services scientifiques et de génie, représentent environ la moitié de toutes les dépenses de R-D effectuées par l'industrie canadienne.

L'innovation serait impossible sans les chercheurs, les ingénieurs, les scientifiques et les techniciens formés par les universités, qui jouent ainsi un rôle de toute première importance. Elles entreprennent une partie considérable de la recherche fondamentale ainsi qu'un certain nombre de projets de recherche appliquée. Les universités canadiennes ont acquis une compétence mondialement reconnue dans des domaines tels que les lasers, les carburants synthétiques, la télédétection et les logiciels. Ensemble, elles effectuent à peu près le quart de la R-D entreprise au Canada, et les dépenses de R-D engagées par les établissements d'enseignement supérieur au Canada se comparent favorablement à celles de nombreux autres pays.

La majeure partie du financement de la recherche universitaire provient du gouvernement fédéral par l'entremise de trois conseils de subvention : le Conseil de recherches en sciences naturelles et génie (CRSNG), le Conseil de recherches médicales (CRM) et le Conseil de recherches en sciences humaines (CRSH). Par ailleurs, face aux contraintes budgétaires, les universités s'efforcent de démontrer l'importance de la coopération et du partenariat dans la R-D, en recherchant le soutien financier de l'industrie.

Parmi les exemples de ces liens entre les universités et l'industrie, on peut citer le Centre for Cold Ocean Engineering à l'Université Memorial de Terre-Neuve, le Centre de technologie manufacturière de l'Université du Nouveau-Brunswick et le Centre canadien d'innovation industrielle de l'Université de Waterloo. Partout au pays, les facultés de commerce et de génie offrent des cours tels que «Créativité et innovation» et «L'esprit d'entreprise chez les ingénieurs». De nombreuses universités ont établi des bureaux de transfert de technologie servant de point de rencontre entre les milieux de recherche universitaire et l'industrie. Ces bureaux ont contribué à mobiliser des fonds de recherche et ont touché des revenus sur les brevets d'invention, démontrant ainsi l'importance de la collaboration avec le secteur privé.

Le Canada possède une longue tradition d'engagement gouvernemental dans les sciences et la technologie, si bien qu'il existe aujourd'hui des laboratoires fédéraux de recherche dans toutes les provinces. Le gouvernement contribue à créer un climat économique favorable en autorisant des dégrèvements fiscaux pour les activités de recherche et de développement. Il finance trois programmes de subventions à l'industrie, et le Conseil national de recherches se livre à toute une gamme d'activités scientifiques.

Au Canada, le gouvernement fédéral à lui seul achète pour plus de 6 milliards de dollars par année de biens et services. Par l'achat de nouvelles technologies, le gouvernement assure une mesure de sécurité aux fournisseurs de nouveaux produits, services et procédés, tout en réduisant les risques entraînés par l'innovation.

Les gouvernements ont reconnu l'importance grandissante de l'innovation. En 1987, les ministres chargés des sciences et de la technologie aux paliers fédéral, provincial et territorial adoptèrent la politique nationale en matière de sciences et de technologie, visant à favoriser le développement économique, socio-culturel et régional du pays par le soutien apporté aux activités scientifiques et technologiques. Six objectifs furent établis : améliorer l'innovation industrielle et sa diffusion; développer les technologies stratégiques; assurer la présence d'une main-d'œuvre hautement qualifiée; soutenir la R-D fondamentale et appliquée; faire face aux répercussions des changements technologiques sur la société; promouvoir la culture scientifique. Cette initiative représente un engagement gouvernemental significatif, car elle reconnaît désormais l'importance des sciences et de la technologie pour l'avenir du pays.

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Le travail et l'innovation
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Tout le monde comprend l'importance de la compétitivité et de la croissance économique, mais que dire des conséquences de l'innovation technologique, notamment dans le monde du travail? Les effets de l'innovation sur l'emploi constituent une question complexe, parce que les travailleurs seront touchés tant par le nombre d'emplois perdus ou créés, que par le type et la qualité des nouveaux emplois. Un rapport publié récemment par le Conseil économique du Canada conclut que l'adoption au Canada des innovations technologiques de pointe bouleversera le marché du travail et sera très pénible pour certains. Jusqu'à présent, les changements technologiques n'ont pas aggravé le taux de chômage, car ils étaient généralement introduits en période de croissance économique. Le chômage n'était que de courte durée, le temps nécessaire aux travailleurs pour se recycler ou trouver un autre emploi. Par contre, dans le climat économique actuel, l'avenir paraît beaucoup moins sûr.

Les différents secteurs ne sont pas touchés de la même façon. Dans l'industrie automobile, l'adoption de nouvelles technologies a entraîné une perte d'emplois. La productique en a créé un certain nombre qui exigent un personnel plus qualifié, mais en même temps elle est responsable d'une perte considérable de postes intermédiaires. Par contre, le traitement de texte et la comptabilité informatisée, qui devaient éliminer les secrétaires et les comptables, ont au contraire augmenté le nombre et la variété des tâches incombant à ces employés devenus indispensables. Les emplois qui disparaissent dans un secteur peuvent réapparaître dans un autre, ce qui nécessite des programmes de recyclage. Mais en général, ces programmes ont été insuffisants, car peu d'entreprises ont l'expérience nécessaire du recyclage à grande échelle. En outre, les établissements d'enseignement n'ont pas accordé autant d'attention au recyclage du personnel en place qu'à la formation des sans-emploi.

L'innovation influence même la conception du travail. Les systèmes socio-techniques, par exemple, combinent l'aspect social et les éléments techniques dans la définition des postes. Ainsi sont créés des groupes de travail semi-autonomes ou indépendants où chacun est responsable d'une unité naturelle de travail — la construction d'un moteur d'automobile, par exemple. De cette façon, tous les membres du groupe apprennent à s'acquitter de tâches variées, à prendre plus de responsabilité, et à participer aux décisions portant sur la production.

Les célèbres cercles de qualité élaborés par les Japonais comprennent plusieurs de ces éléments innovateurs. Les travailleurs étudient les problèmes de production, en discutent et, avec l'approbation de la direction, mettent en oeuvre des solutions.

Dans de telles organisations, les employés participent souvent aux programmes de contrôle des dépenses et de partage des profits, et bénéficient en outre de primes à la productivité. Les effets positifs de ces initiatives se font sentir dans l'augmentation de l'intérêt porté au travail, la baisse de l'absentéisme et l'amélioration des relations syndicales-patronales.

Les innovations sur le plan organisationnel sont une conséquence naturelle des changements technologiques. À mesure que les entreprises canadiennes adopteront les technologies de pointe, elles reconnaîtront l'importance des innovations pouvant leur assurer les services d'une main-d'oeuvre dévouée et bien formée.


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Conclusion
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Tous les pays du monde reconnaissent que l'innovation technologique procure un avantage concurrentiel dans le commerce international. Pour participer à la course à la technologie, le Canada se doit de combattre son déficit commercial dans le domaine technologique et de multiplier ses efforts en matière de R-D industrielle. Pour ce faire, nous avons certains atouts : notre esprit d'invention, notre population instruite et hautement qualifiée, et notre longue tradition d'investissements publics dans les sciences et la technologie.

Nous ne pouvons pas exceller dans tous les domaines. Cependant, nos débuts sont très prometteurs dans certains secteurs tels les industries océanographiques, les technologies de l'environnement et les télécommunications. Le Canada ne peut-il pas, moyennant un effort national de collaboration de tous les secteurs de son économie, élaborer un plan de sélection et d'investissement dans les technologies qui, tout en répondant le mieux à ses besoins, soient en même temps recherchées sur le marché mondial? Le Canada a la possibilité de construire son avenir sur l'innovation technologique. Le plus grand défi, ce sera d'en découvrir les moyens.

 
[English Version] | [Études Canadiennes]
 
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