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  Les Villes du Canada
 

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Le Canada est toujours un vaste pays de forêts, de lacs, de prairies, de montagnes et de tourbières. De nos jours, cependant, les trois quarts des Canadiens résident dans des zones urbaines, et presque un tiers d'entre eux dans des villes de plus d'un million d'habitants; nous comptons parmi les nations les plus urbanisées du monde. L'évolution de notre société rurale en société urbaine est donc un élément important de notre histoire.

Il est possible de dégager quelques-uns des thèmes et des variations de cette évolution en étudiant brièvement le caractère unique de quelques villes importantes de chaque région du pays sur plusieurs plans : origines, caractéristiques physiques, économie, composition ethnique, vie culturelle et schéma de développement. Ce choix est nécessairement limité, mais moins arbitraire qu'il n'y paraît. La ville de Québec, la plus ancienne du pays, représente la civilisation française en Amérique du Nord; Halifax, première ville canadienne de l'Empire britannique, est aujourd'hui la plus importante agglomération de la région de l'Atlantique; Montréal a joué le rôle de métropole bilingue du pays pendant un siècle et demi, tandis que sa rivale Toronto, notre plus grande ville, exerce une influence prépondérante dans les domaines de la haute finance et de la culture; Sudbury a réussi, par la diversification, à revitaliser son économie déclinante; Edmonton est la ville contemporaine typique des Prairies canadiennes; et Vancouver est le noeud des liens économiques et culturels de plus en plus nombreux que le Canada entretient avec l'Asie et le Bassin du Pacifique.

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Québec : la première ville du Canada
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L'explorateur français Samuel de Champlain fonda Québec, en 1608, dans l'unique intention de se servir de son site stratégique, surplombant l'endroit où le lit du Saint-Laurent se rétrécit vers l'ouest, pour défendre la région contre les trafiquants de fourrure qui lui faisaient concurrence. Cependant, ce rôle de poste de traite et de bastion contre les Britanniques changea du tout au tout lorsque le gouvernement français décida de faire de Québec (qui ne comptait néanmoins que 2 000 habitants en 1700) le centre administratif, religieux, militaire et culturel de la Nouvelle-France.

Québec conserva son rôle administratif après la conquête par l'Angleterre, en 1759, mais perdit son importance économique au siècle suivant. La colonisation progressant vers l'ouest, Montréal était mieux située pour devenir la base commerciale de l'Amérique du Nord britannique. Pendant cette période, la population de Québec subit elle aussi une transformation importante : en 1861, elle était devenue anglophone à près de 50 p. cent. La situation s'est renversée par la suite; de nos jours, 96 p. cent des 600 000 habitants de la ville parlent français. Le Séminaire de Québec, l'une des plus anciennes institutions d'Amérique du Nord (il fut fondé en 1663), contribua à enrichir la vie culturelle tant de la ville que de la province de Québec. Quelque deux siècles plus tard, en 1852, il devint l'Université Laval.

Par l'apparence, Québec demeure la plus européenne des villes nord-américaines. Une grande partie du caractère historique de l'ancienne ville, où l'on pénètre toujours par une porte aménagée dans ce qui subsiste des murailles, a été préservé. Les commerces et les habitations de la basse-ville ressemblent à ceux des cités moyenâgeuses de France, telles que Rouen, en Normandie, tandis que l'architecture religieuse de la haute-ville dénote l'influence du style baroque en vogue à Paris au 17e siècle. La majeure partie des fortifications, les murailles et la citadelle, datent du début du 19e siècle, époque où les Américains étaient considérés comme une menace. De nos jours, la ville moderne a gagné les banlieues de Sainte-Foy et de Charlesbourg, mais les vieux quartiers restent un unique exemple des débuts de l'urbanisation au Canada.

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Halifax : la Gibraltar canadienne
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La prospérité et la croissance d'Halifax, qui fut une forteresse, une base navale et une ville de garnison, ont été influencées à ses débuts par son importance militaire. Fondée en 1749, son premier rôle fut de contrer la puissance militaire et économique de Louisbourg, la forteresse française de l'actuelle Île du Cap-Breton. Base des opérations britanniques pendant la guerre de Sept Ans, la guerre de l'Indépendance américaine et les guerres napoléoniennes, elle connut alors la prospérité, mais son économie stagna en période de paix. Au 19e siècle, pendant l'«âge d'or» de la navigation à voile, Halifax concurrença avec succès sa rivale Saint-Jean, du Nouveau-Brunswick, pourtant plus grande. Mais l'industrialisation, qui entraîna la croissance rapide des villes du centre du pays à la fin du siècle, n'eut que peu d'effet dans la région de l'Atlantique, car l'éloignement des marchés, le coût du transport des marchandises et l'augmentation des tarifs ne lui étaient pas favorables.

En 1991, 76,6 p. cent des Canadiens vivaient dans les villes, contre 13 p. cent en 1851.

Au 20e siècle, Halifax est devenue la plus grande ville de la région (300 000 personnes vivent dans son agglomération), et avec ses deux grands terminaux à conteneurs, elle en est aussi le port principal. Ses cinq universités et son théâtre, le Neptune, contribuent à la vitalité et à la richesse de ses traditions éducatives et culturelles; sa population est encore d'origine britannique à 80 p. cent, une proportion beaucoup plus élevée que dans les autres grandes villes du pays.

Tout comme Québec, Halifax conserve son caractère historique. Sa vieille ville existe toujours, nichée à flanc de colline sous la citadelle, le port étendu à ses pieds. L'actuelle citadelle, construite pendant les années 1850, fait concurrence aux édifices de verre et de métal qu'elle domine. Le port en partie restauré évoque la grande époque de la navigation à voile. Le manège, où s'entraînaient autrefois les soldats, demeure le centre symbolique de la ville. Contrairement aux autres grandes villes du pays, Halifax possède encore à proximité de son centre-ville toute une variété de belles églises et habitations construites en bois.

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Montréal : deux sociétés
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À sa fondation par l'officier français Maisonneuve, en 1642, rien ne laissait prévoir que Montréal allait devenir la métropole du Canada et le rester pendant 150 ans. D'abord mission auprès des Indiens, elle fut cédée à l'ordre des Sulpiciens qui influença son caractère pendant des générations. Cependant sa situation, au confluent du Saint-Laurent, de l'Outaouais et de plusieurs autres rivières, en fit naturellement le centre de la traite des fourrures avec les Autochtones qui habitaient à l'ouest. Dès les années 1820, elle était devenue, par le commerce et l'industrie, le centre d'acheminement des marchandises à destination de Kingston, de Toronto et des autres villes qui se construisaient vers l'ouest. La haute finance, l'industrie et les transports, domaines où les anglophones avaient la prépondérance, firent de Montréal la métropole du pays; après la fondation de la Banque de Montréal, en 1817, la rue Saint-Jacques, située dans le Vieux-Montréal, devint son centre financier. Le Canadien Pacifique, un consortium dirigé par George Stephen, qui était également président de la Banque de Montréal, joua aussi un rôle prédominant dans l'économie de la ville.

Site d'Expo 67 et des Olympiques d'été de 1976, Montréal a acquis une réputation internationale au cours des dernières décennies. Cependant, le déclin de son économie lui a fait perdre sa prédominance à l'intérieur du pays. La montée du séparatisme et les nouvelles lois relatives à la langue ont aussi amené un certain nombre de grandes entreprises et de Québécois anglophones à quitter la province.

La divergence des intérêts francophones et anglophones est l'une des caractéristiques de la société montréalaise depuis la conquête. L'immigration britannique résulta en une majorité anglophone de 1831 à 1867. L'industrialisation renversa la situation en attirant de nombreux habitants des régions rurales de la province, mais l'élite anglophone continua à dominer l'économie jusqu'au milieu des années 1970. Au cours des dernières décennies, la population francophone de la ville a augmenté jusqu'à constituer 66 p. cent (contre 82 p. cent pour l'ensemble de la province), tandis que de nouvelles lois ont rétabli le français comme langue de travail du Québec.

Pendant la plus grande partie de son existence, le centre de Montréal a peu débordé du plan rectangulaire que Dollier de Casson, le supérieur des Sulpiciens et peut-être le premier planificateur urbain du Canada, lui avait tracé sur la rive du Saint-Laurent au cours des années 1670. Au 19e siècle, la ville s'étendit jusqu'à englober le Mont-Royal, qui domine son panorama. Avec leurs escaliers extérieurs typiques aux rampes de fer forgé, de nombreuses maisons des quartiers «populaires» du centre de la ville, où vivaient au début du siècle les ouvriers venus des régions rurales, existent toujours. Le nouveau centre-ville date de la fin des années 1950, alors que fut entreprise la construction de la Place Ville-Marie, sur le boulevard Dorchester, maintenant boulevard René-Lévesque. Le métro, conçu sur le modèle de celui de Paris avec ses wagons montés sur pneus de caoutchouc insonores, fut terminé à la veille d'Expo 67. Outre le métro, les nombreux magasins et couloirs piétonniers souterrains ont contribué à réduire l'animation des rues de Montréal, autrefois les plus vivantes du pays. Malgré ces changements et ces difficultés, beaucoup considèrent encore Montréal comme la plus intéressante des villes canadiennes.

 
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Toronto : colonie loyaliste et métropole multiculturelle
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Toronto fut fondée en 1792 par John Graves Simcoe, lieutenant-gouverneur du Haut-Canada, et garda longtemps son caractère britannique et conservateur. Protestants, puritains et fidèles à l'Angleterre, ses dirigeants eurent sur elle une influence décisive pendant des générations. Lorsqu'elle devint officiellement une ville, en 1834, Toronto avait déjà remplacé Kingston comme siège commercial du Haut-Canada. La construction d'un réseau de chemin de fer qui la relia au reste de la province pendant les années 1850 vint encore rehausser sa prépondérance. À l'instar de Montréal, Toronto possédait une influence politique considérable : la loi sur les banques qui centralisait le pouvoir financier dans ces deux villes et la politique tarifaire nationale qui venait encore consolider l'industrie déjà prospère du centre du Canada furent deux des mesures favorables à son industrialisation pendant la seconde moitié du 19e siècle.

Après la Seconde Guerre mondiale, Toronto devint la plus grande ville du Canada, et la haute finance quitta la rue Saint-Jacques pour Bay Street. Comme dans toutes les villes nord-américaines, les industries émigrèrent peu à peu en banlieue, quand elles ne quittèrent pas le pays. Ces industries décentralisées sont hautement spécialisées. De nos jours, la plus importante est celle de l'automobile; dans ce secteur, la région de Toronto, avec ses usines d'Oakville, d'Oshawa et de Brampton, occupe le deuxième rang, derrière Détroit.

À mesure où Toronto se transformait de ville provinciale en ville d'importance nationale, sa population subissait elle aussi de profondes modifications. Au 19e siècle, les Torontois étaient en grande majorité d'origine britannique, bien que les Irlandais catholiques aient très vite constitué 25 p. cent de la population. L'immigration non britannique commença au début du 20e siècle, mais les changements les plus variés et les plus marquants se produisirent après la Seconde Guerre mondiale. Au recensement de 1991, par suite des vagues successives d'immigrants venus de l'est et du sud de l'Europe (Italie, Grèce et Portugal), des Caraïbes, et d'Asie (Chine et Vietnam surtout), les Torontois d'origine britannique ou irlandaise ne constituaient plus que 40 p. 100 de la population. À l'heure actuelle, Toronto est la seule grande ville du Canada dont la population d'origine française ou britannique soit minoritaire.

Construite selon un plan rectiligne, Toronto occupe un site sans relief le long du lac Ontario. Jusqu'à récemment, elle ne s'était pas étendue autant que la plupart des autres villes, ce qui y rendait l'emploi des transports en commun plus commode que celui de l'automobile. Les quartiers du centre-ville sont donc restés habitables, et même désirables. D'importants organismes éducatifs et culturels tels que le Royal Ontario Museum, l'Ontario Art Gallery, l'Université de Toronto, le Ryerson Polytechnical Institute, la CBC et plusieurs maisons d'édition d'envergure nationale sont encore groupés dans le centre de la ville. Les banques avec leurs hautes tours s'approprient une grande part de l'horizon, mais les édifices les plus connus restent la tour du CN et le Skydome.

Le récent exode des résidents et des bureaux a commencé à faire craindre que le centre-ville ne devienne un trou au centre d'un «beignet» métropolitain. Cependant, le gouvernement provincial étudie actuellement plusieurs projets d'amalgamation de la région métropolitaine de Toronto, qui compte 4,5 millions d'habitants.

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Sudbury : une ville minière diversifie son économie
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Dans le nord du Canada, de Terre-Neuve à la Colombie-Britannique, l'économie est basée sur les ressources naturelles telles que les mines ou les pâtes et papiers. Peu peuplées, la plupart des agglomérations qui s'y trouvent ne possèdent qu'une industrie, tandis que d'autres, comme Sudbury, sont devenues d'importants centres régionaux de distribution. Située à quelque 390 km au nord de Toronto, au coeur du Bouclier canadien, Sudbury eut pour première raison d'être de desservir le chemin de fer du Canadien Pacifique, pendant les années 1880. Mais sa croissance dépendit bientôt des fluctuations de l'industrie internationale du nickel, découvert dans la région. Pendant les années 1950 et 1960, période de prospérité de cette industrie, les mines employèrent jusqu'à plus de 20 000 personnes. En 1971, l'agglomération de Sudbury comptait plus de 150 000 habitants, dont 90 000 dans la ville même. La production de nickel et la main-d'oeuvre des mines ont rapidement diminué depuis cette époque, mais la centralisation des bureaux régionaux des gouvernements fédéral et provincial à Sudbury lui a permis de maintenir sa population.

La population de Sudbury a toujours été remarquablement conforme, dans sa composition, à la moyenne de l'ensemble du pays. Depuis les années 1950, elle se divise en trois groupes, à peu près égaux, d'origine française, d'origine britannique, et autres.

Cette ville dynamique, construite au hasard sur des affleurements de roc noirci, se tourne peu à peu vers un avenir qui dépasse l'industrie minière de ses origines. En effet, des édifices ultra-modernes, dont le nouveau centre municipal est un exemple, sont en train de remplacer son ancien centre-ville. Situés au bord du lac Ramsay, l'édifice Science North et le campus de l'Université Laurentienne à l'architecture innnovatrice, au bord du lac Ramsay, témoignent de la volonté de Sudbury de survivre grâce à la diversification.

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Edmonton : métropole des Prairies
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Poste de traite des fourrures au début du siècle dernier, Edmonton, devenue capitale provinciale et ville universitaire, ne s'est vraiment urbanisée qu'au 20e siècle. Comme Calgary, sa jumelle et sa rivale, elle est l'un des centres d'affaires importants de l'Alberta. Les gisements pétrolifères Leduc, découverts à proximité de la ville, en font depuis 1947 l'un des grands centres de raffinerie du pétrole. Cependant, c'est à Calgary, où elles s'étaient installées après la découverte des gisements de Turner Valley, que les compagnies pétrolières maintiennent encore leurs sièges sociaux. Les deux villes possèdent chacune plus de 800 000 habitants, et se sont développées rapidement depuis la Seconde Guerre mondiale. Edmonton est la cinquième ville du pays, et Calgary la sixième, immédiatement après.

Edmonton a toujours été moins anglo-saxonne et plus cosmopolite que Calgary. Sa population compte une forte proportion d'Ukrainiens, d'Allemands, de Hongrois, de Canadiens français et, depuis peu, d'Asiatiques, comme en témoignent ses nombreuses organisations ethniques et ses églises et mosquées aux formes variées.

Un siècle de croissance: Les dix plus grandes villes du Canada

À l'exemple de Winnipeg, Regina, Saskatoon, Calgary et les autres grandes villes des Prairies, Edmonton a été construite dans une vallée où coule une rivière, la North Saskatchewan. Cette vallée est l'une des ressources récréatives les plus populaires de la ville, car elle offre dans le centre même plusieurs kilomètres de sentiers pédestres et de pistes cyclables ainsi que de nombreuses autres installations. Le centre d'Edmonton a sa part de tours de verre et d'acier; néanmoins, il a perdu une bonne partie de sa vitalité au profit de l'immense centre commercial West Edmonton Mall, une attraction touristique importante située juste à l'ouest de la ville. Edmonton, la moins densément peuplée des métropoles du pays, ressemble à une banlieue géante.

Avec son théâtre, le Citadel, et son «Fringe Festival», Edmonton ressemble à Toronto de bien des façons. Mais les caractéristiques les plus attirantes de sa vie culturelle, comme celles d'Ottawa et de Saskatoon, sont plus difficiles à cerner parce qu'elles consistent en une grande variété d'activités familiales qui se tiennent dans les écoles, les parcs et autres centres communautaires.

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Vancouver : la porte du Pacifique
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Comme Sudbury, Vancouver doit son existence au chemin de fer. Choisie en 1885 comme terminus de la ligne du Canadien Pacifique, elle fut construite en moins d'un an. Un peu plus d'une décennie plus tard, elle remplaçait Victoria, la capitale, comme métropole de la Colombie-Britannique. Enrichie par les industries qui exploitaient les vastes ressources naturelles de la province, telles que le bois de construction, Vancouver devança Winnipeg en tant que ville principale de l'Ouest canadien dès les années 1920. Depuis quelques années, le commerce avec l'Asie et l'acheminement des marchandises vers la côte ouest des États-Unis en pleine expansion, ont fait de Vancouver le deuxième port de l'Amérique du Nord, immédiatement après New York.

Dès le début, le fait que Vancouver soit située sur la côte ouest a influencé la composition ethnique de sa population. Les Asiatiques y ont toujours été le groupe d'origine non européenne le plus nombreux; même de nos jours, la croissance de la ville est attribuable dans une large mesure aux immigrants chinois de Hong Kong. En comptant les Chinois, environ 25 p. cent des 1,5 million d'habitants de Vancouver sont maintenant d'origine asiatique : Japonais, Indiens, Pakistanais, Vietnamiens et autres. Vancouver est la ville la plus asiatique de l'Amérique du Nord.

Établie dans un cadre magnifique au climat doux, entre les montagnes et la mer, Vancouver possède l'un des plus beaux sites de toutes les villes du Canada. Cependant, son architecture n'a pas toujours été à la hauteur du panorama qui l'entoure. La revitalisation des vieux quartiers résidentiels et le réaménagement des zones industrielles décrépites font l'objet de sérieux efforts. Gastown, par exemple, où les raffineries de pétrole furent abandonnées aux clochards, attire maintenant les touristes avec ses marchés en plein air, ses restaurants et ses boutiques haut de gamme. Habitations et installations culturelles à usages multiples ont remplacé les scieries de False Creek et de sa voisine, Granville Island. Le complexe géant de B.C. Place, avec son stade intérieur, ses bureaux et ses immeubles résidentiels, a lui aussi été construit sur d'anciens terrains industriels. Outre la revitalisation de son centre, Vancouver tente de mettre fin à l'urbanisation non planifiée des pentes environnantes et de l'étroite vallée de la rivière Fraser. Le Greater Vancouver Regional District, un comité de planification bénévole, a réussi dans une modeste mesure à convaincre quelques-unes des nombreuses municipalités qu'il représente de promouvoir la concentration résidentielle de préférence à l'étalement urbain.

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Conclusion
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Le développement des villes canadiennes a été marqué à la fois par la continuité et par l'évolution dans la diversité. Leur première raison d'être a été dépassée, mais leur histoire a laissé des traces. Chacune d'elles a participé à sa manière aux étapes de la transformation de l'économie occidentale moderne : l'époque pré-industrielle fondée sur le commerce et l'agriculture, la phase industrielle et ses usines, l'économie «post-industrielle» axée sur les services. Le déplacement des forces économiques et politiques à l'intérieur du pays les a aussi affectées de différentes façons. Par exemple, les Maritimes jouissaient autrefois de l'économie la plus développée de l'Amérique du Nord britannique; mais comme elles ne se sont pas industrialisées, elles n'ont pas non plus attiré l'immigration qui a suivi. Par conséquent, leur faible population, outre une minorité autochtone assez nombreuse, est d'origine britannique, irlandaise et française (acadienne), et comporte un mélange ethnique qui varie à peine de la campagne à la ville.

a situation est inversée dans le centre du pays, où se concentrent les industries. Montréal et Toronto sont devenues des métropoles multiculturelles. Nombre d'autres villes canadiennes possèdent des populations d'origines diverses, selon des proportions souvent très différentes. C'est le cas des quelques villes que nous avons étudiées : Québec est en majorité «française» (96 p. cent), Halifax en grande partie «britannique» (80 p. cent); Toronto n'est ni l'un ni l'autre (60 p. cent); l'élément asiatique est important à Vancouver (25 p. cent). Dans ce domaine, les grandes agglomérations diffèrent généralement des villes de moindre importance et des régions rurales dont les habitants sont encore en grande majorité originaires d'Europe de l'Ouest et du Nord. L'afflux des nouveaux groupes ethniques n'a pas été sans problèmes. Mais en comparaison avec bien d'autres sociétés, l'adaptation a été relativement facile. De nos jours, la politique de multiculturalisme du Canada est considérée comme l'une de ses plus grandes réussites.

Les grandes villes du Canada forment un réseau de plus en plus vaste. Bien que Toronto et Montréal ne soient pas parmi les plus grandes villes au monde (Toronto est la 62e et Montréal la 71e), elles dépassent de beaucoup leurs rivales canadiennes. Sièges des banques, des grosses sociétés, des médias électroniques et de la presse écrite, elles possèdent un pouvoir économique et culturel supérieur. Cependant, aucune ville n'a sur le Canada la prépondérance de Paris sur la France ou de Londres sur l'Angleterre. Les métropoles du centre du pays sont encore les plus influentes, mais Vancouver, Edmonton et Calgary, tout comme l'Ouest, prennent de plus en plus d'importance. Loin de stagner, les villes de la région de l'Atlantique, elles, en ont cependant relativement moins qu'autrefois.

Comme celles des autres pays, les villes du Canada ont souffert de la croissance anarchique, de la destruction des édifices historiques, de l'exode des habitants et des commerces, et du déplacement de la base d'imposition vers les banlieues et les régions environnantes. Même les plus grandes font maintenant partie de «villes-régions», ou «régions métropolitaines de recensement», pour employer le terme choisi par Statistique Canada. Ces régions ne sont pas des entités politiques, mais des conglomérats de municipalités qui conservent souvent leur autonomie. Le centre des villes canadiennes est toujours aussi animé et aussi habitable, mais le contraste avec les banlieues est de plus en plus marqué. Par exemple, près de 16 p. cent de la population métropolitaine de Toronto vit sous le seuil de pauvreté, contre 9 p. cent de celle de Mississauga, l'une de ses banlieues régionales. On s'efforce partout au pays de consolider ces grands conglomérats urbains afin de coordonner la planification, de limiter le développement et d'harmoniser les impôts, mais les municipalités des banlieues défendent généralement leur indépendance avec énergie. Par conséquent, il se peut que les provinces se voient obligées de prendre une part plus active à la gestion urbaine, qui relève en définitive de leur compétence.

L'une des conséquences les moins agréables de l'urbanisation moderne est une certaine uniformité : l'architecture contemporaine se ressemble dans toutes les villes et les centres commerciaux des banlieues tentaculaires sont remplis partout des mêmes magasins. Mais en dépit de cette uniformité, chaque ville du Canada possède son paysage, ses bruits et ses odeurs bien à elle, son patrimoine riche et varié. Nous voulons des villes propres, modernes, habitables, pratiques; nous devons cependant veiller à ce que leur développement ne se fasse pas au détriment de leur diversité et de leur caractère particulier.

 


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